samedi 17 septembre 2022

Mother !


Mother !
 
Dans une maison en flammes, une femme brûle. Un homme, Lui, dépose délicatement un diamant sur un support dans sa chambre. La maison calcinée retrouve son état normal, se réparant toute seule. Une femme, Mère, apparaît et se réveille dans son lit et appelle son mari, Lui, en l'appelant bébé. Ils vivent seuls dans leur demeure isolée. Lui est un poète en manque d'inspiration, et son comportement troublant perturbe son épouse ainsi que la tranquillité qu'elle a su imposer chez eux. Elle est prise souvent de vertiges l'obligeant à prendre des médicaments pour calmer ses crises. Elle ressent également un phénomène étrange, un cœur qui bat à l'intérieur des murs de sa maison. Un soir, alors qu'ils vivent tranquillement leur vie de couple, un homme frappe à la porte. Le mari lui propose de passer la nuit chez eux sans demander l'avis de sa femme, qui est étonnée de la gentillesse de son époux envers un inconnu. L'homme, fumeur, gravement malade, se révèle être un admirateur de l’œuvre du poète. Alors qu'elle dort, Mère est réveillée par la quinte de toux de l'inconnu. Elle le découvre en train de vomir dans ses toilettes, soutenu par Lui, et aperçoit une entaille sur le bas de son dos avant que son mari ne la cache. Le lendemain, alors que l'homme habite chez eux, sa femme sonne à leur porte. Lui propose à cette femme de rester également. Mère est de plus en plus perturbée par ces personnages inconnus qui s'incrustent chez eux.
 

Mother !
Réalisation : Darren Aronofsky
Scénario : Darren Aronofsky
Musique : Jóhann Jóhannsson
Production : Paramount Pictures, Protozoa Pictures
Genre : Horreur Psychologique
Titre en vo : Mother!
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 13 septembre 2017
Durée : 121 mn
 
Casting :
Jennifer Lawrence : Mère
Javier Bardem : Lui
Ed Harris : L’homme
Michelle Pfeiffer : La femme
Domhnall Gleeson : Le fils aîné
Brian Gleeson : Le fils cadet
Stephen McHattie : Le fanatique
Kristen Wiig : Le héraut
Jovan Adepo : L’échanson
Emily Hampshire : L’idiote
Laurence Lebœuf : Une jeune fille
 
Mon avis :
 Après Je Veux Juste en Finir, long métrage pour le moins singulier qui flirtait allègrement, par moments, avec le grand guignolesque mais qui traitait, également, plutôt fort bien les sentiments que peuvent ressentir celles et ceux qui, parvenus a la fin de leurs jours, constatent avec amertume qu’ils ont gâcher leur vie, j’aborde aujourd’hui le cas de Mother !, un film qui, de par sa conception et ses thématiques, va encore plus loin dans le jusqu’au boutisme de la vision d’un auteur et qui, en aucune manière, n’est destiné a tout le monde, bien au contraire ! Il faut dire que, dans le cas présent, Mother ! est une œuvre très particulière et qui, lors de sa sortie, en 2017, divisa tellement le public qu’une majorité de celui-ci aura considéré ce dernier comme étant le pire film de l’année tandis qu’une infime minorité aura jugé qu’il avait affaire a un chef d’œuvre, rien que ça ! Après tout, il faut reconnaitre que Mother ! n'est pas un film à prendre à la légère : il ne faut pas y aller en s'imaginant tout comprendre dès le premier visionnage dans l'état d'esprit de consommation habituelle qu'on a tous lorsqu'on va au cinéma, c’est-à-dire, à la recherche d'efficacité, de frissons, de jeu d'acteur poignants et d'un scénario recherché. En fin de compte, la dernière réalisation de Darren Aronofsky y correspond tout à fait mais il faut juste laisser le temps à notre esprit de digérer et d'assimiler ce monstre cinématographique. En ce sens, Mother ! est un chef-d’œuvre et ceux qui le considèrent comme le pire film de l'année ont tout simplement penser trouver la même efficacité qu'un blockbuster américain classique avec des super-héros qui sauvent le monde ou des zombies qui envahissent la Terre. Ne les prenez pas en compte, ils n'ont tout simplement pas fait l'effort de comprendre, sauf que, à leur décharge, mystifiés par une bande annonce trompeuse, ils s’attendaient a un film d’horreur classique et ils se sont retrouvés avec… eh bien, comment dire… un truc totalement inclassable et limite incompréhensible ! Pourtant, la première partie, qui, en soit, est ambiguë, reste assez classique pour ne pas dire banale : ce couple qui semble vivre une relation épanouissante dans leur nouvelle maison en pleine campagne est bousculé par l'arrivée de deux inconnus qui investissent les lieux comme s'ils étaient chez eux. L'ambiguïté et le mystère semblent être les maitres mots de cette partie. L'atmosphère est pesante, voire étouffante avec ces prises de vue très serrées sur les visages des acteurs, en particulier celui de Jennifer Lawrence, qui, comme nous, est dans l'incompréhension et la surprise face à un tel comportement. Si on regarde cette partie au premier degré, on pourrait penser à des vieux films d'horreur comme Rosemary Baby ou encore Amityville – La Maison de l'Horreur, et, forcément, on risque d'être déçu car cette partie laisse place à une seconde beaucoup plus étonnante mais très différente. Toujours sous le joug de la métaphore, elle se montre plus violente, hétérogène, incohérente et, plus on avance dans le film, plus se succèdent des scènes totalement hallucinantes pour ne pas dire complètement absurdes tandis que nos certitudes du début explosent littéralement en vol. Et la, justement, viens le gros problème de Mother !, c’est-à-dire, qu’il y a deux manières de voir ce film : soit au premier degré et on ne peut qu’être dubitatif devant cette avalanche de grand n’importe quoi qui se succède, soit, on comprend que tout cela n’est que métaphore et là, une fois que l’on a saisit la vision de Darren Aronofsky, c’est-à-dire, que tout cela n’est qu’une transposition des Évangiles, que la jeune femme, c’est Mère Nature, que l’homme, le poète, c’est Dieu, que les Ed Harris et Michelle Pfeiffer, ce sont Adam et Eve, que leurs enfants sont Cain et Abel, que le diamant auquel tient tellement le poète, c’est la Pomme interdite, que son bureau, c’est le Jardin d’Eden, que le bébé, c’est le Christ qui finira sacrifié, que tous ces invités qui se comportent comme des trublions et qui ne respectent rien, ce sont une représentation de l’Humanité en générale et que celle-ci finira détruite a deux reprises par l’entremise de Mère Nature – le Déluge et le feu – lassé de leurs méfaits et de leurs défauts – fanatisme, guerre, non respect de la nature, etc. – et que, pour finir, le Poète / Dieu qui ne peut s’empêcher d’être aimer par ces humains si détestables, reproduira un processus de création du monde – la maison – pour un nouveau départ qui n’est, en quelque sorte, qu’un éternel recommencement… Et là, forcément, si l’on regarde Mother ! en comprenant la vision de son réalisateur et ce qu’il nous montre à l’écran, forcément, on ne voit plus du tout ce film de la même manière et il est difficile de ne pas estimer que Darren Aronofsky est parvenu a un sacré coup de maitre ! Ajoutons à cela que le film est interprété par des acteurs incroyables et l’on admettra que Mother ! est une expérience cinématographique qu'on a très rarement l'occasion de vivre au cinéma. Après, bien entendu, cela reste un long métrage très particulier qui en fera fuir plus d’un, probablement à raison au vu de sa complexité, son jusqu’au boutisme et ses thématiques abordées qui ne sont pas évidentes à saisir de prime abord. Cependant, si vous apprécier les films franchement barrés et qui sortent des sentiers battus, il se peut que vous ne soyez pas insensible a ce Mother ! qui reste, indéniablement, une expérience incroyable…
 

Points Positifs
 :
- Une fois que l’on a compris ce qui ce cache derrière cette histoire pour le moins singulière, c’est-à-dire, qu’en fait, l’intrigue n’est qu’une très longue métaphore de La Bible – principalement de La Genèse, du Nouveau Testament et de L’Apocalypse – Mother ! apparait à nos yeux d’une toute autre manière et là, franchement, on ne peut que saluer bien bas la maitrise artistique et scénaristique de Darren Aronofsky qui nous livre ici une œuvre incroyable !
- Indéniablement, ce film est servi par une petite flopée d’acteurs et d’actrices exceptionnels : Jennifer Lawrence et Javier Bardem sont, bien entendu, les têtes d’affiches, cependant, Ed Harris et Michelle Pfeiffer marquent les esprits de par leur interprétation hallucinante de ce couple très spécial – Adam et Ève !
- Bien entendu, Mother ! est une métaphore biblique, c’est un fait, cependant, on peut y voir aussi la mégalomanie d’un homme, poète a ses heures, qui ne peut vivre heureux sans l’amour que lui porte son public.
- Visuellement, Mother ! est une pure merveille et entre des décors de plus en plus inquiétants au fur et a mesure de l’avancée de l’intrigue et des effets spéciaux plutôt sobres et réussis, c’est un pur régal pour les yeux.
- Bien évidement, pour apprécier au mieux un tel film, un second visionnage s’impose.
- Une œuvre qui ravira, bien entendu, les amateurs de films totalement barrés et qui aiment ce genre d’expérience cinématographiques inclassables…
 
Points Négatifs :
- Un film tellement jusqu’au boutiste, tellement spécial, limite incompréhensible et qui, bien évidement, en fera fuir plus d’un. Il faut dire que Darren Aronofsky va très loin dans sa vision et que son œuvre, d’une complexité indicible, ne peut que diviser, certains, rarissimes, criant au génie, d’autres, nettement plus nombreux, estimant que Mother ! n’est qu’un navet pompeux qui tombe très rapidement dans le grand guignolesque.
 
Ma note : 8/10

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