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vendredi 12 mai 2023

Gladiator


Gladiator
 
Maximus Decimus Meridius, général romain renommé, mène une nouvelle fois les légions de l'empereur Marc Aurèle à la victoire en ce jour de bataille en pays germanique. L'empereur, sentant sa fin proche, annonce le soir même en privé à Maximus qu'il souhaite lui laisser le pouvoir à sa mort, pour qu'il puisse le transmettre au Sénat et que Rome devienne à nouveau une République. Marc Aurèle préfère le général à son propre fils, Commode, qu'il sait pertinemment obsédé par l'idée d'obtenir le titre d'empereur et en aucune manière animé d'une réelle compassion pour la plèbe. Lorsque le vieil empereur annonce la nouvelle à son fils avant de rentrer à Rome, Commode est pris d'un accès de rage et étouffe son père, devenant ainsi le nouvel empereur. Bien que la cause officielle annoncée du décès de Marc Aurèle soit la vieillesse, Maximus devine que l'empereur a été assassiné par son fils. Lorsque Commode demande, peu après, à Maximus de baiser sa main, et par ce geste de s'engager à le servir, ce dernier lui oppose un refus. L'empereur, furieux de cet affront, profondément blessé et jaloux de l'amour que son père portait à Maximus, ordonne alors son exécution, ainsi que celle de sa famille, qui réside alors en Hispanie romaine. Emmené en forêt pour être exécuté, Maximus réussit à désarmer ses gardiens et parvient à fuir, sérieusement blessé à l'épaule. Parvenu sur ses terres, après plusieurs jours et extrêmement affaibli par sa blessure, il découvre les corps de sa femme et de son fils de huit ans, calcinés et pendus devant la maison familiale.
 

Gladiator
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : David Franzoni, John Logan et William Nicholson
Musique : Hans Zimmer et Lisa Gerrard
Production : Universal Pictures, Dreamworks Pictures et Scott Free Productions
Genre : Péplum, Aventure, Drame
Titre en vo : Gladiator
Pays d'origine : États-Unis, Royaume-Uni
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 5 mai 2000
Durée : 155 mn
 
Casting :
Russell Crowe : Maximus
Joaquin Phoenix : Commode
Connie Nielsen : Lucilla
Oliver Reed : Proximo
Richard Harris : Marc Aurèle
Derek Jacobi : le sénateur Gracchus
Djimon Hounsou : Juba
David Schofield : Falco
Tomas Arana : Quintus
Ralf Moeller : Hagen
Spencer Treat Clark : Lucius
David Hemmings : Cassius
Tommy Flanagan : Cicéron
Sven-Ole Thorsen : Tigris
Omid Djalili : le marchand d'esclaves
Nicholas McGaughey : l'officier prétorien
Chris Kell : le scribe
Tony Curran et Mark Lewis : les assassins
John Quinn : Valerius
Alun Raglan : le garde prétorien
David Bailie : l'ingénieur
Chick Allen : le chef germain
Dave Nicholls : le géant
Al Hunter Ashton : l'entraîneur romain
Ray Calleja : l'assistant de Lucius
Giannina Facio : la femme de Maximus
Giorgio Cantarini : le fils de Maximus
 
Mon avis :
 Bon, dans le cas présent, il est évident de rappeler que tout a été dit, ou presque, sur Gladiator depuis sa sortie, il y a un peu plus de vingt ans. Pourtant, même vu et revu, même si l’effet de surprise est passé depuis belle lurette et même si, je ne le nie pas, en le revoyant hier soir, je me souvenais parfaitement de certains dialogues, je ne peux que reconnaitre que, malgré ses défauts inhérents du genre grand spectacle, malgré ses nombreuses inexactitudes historiques (un comble pour un film qui prétendait le contraire), oui, Gladiator reste un bon, un sacré bon film, un truc énorme qui, au tout début des années 2000, relança complètement un genre considéré ringard depuis des décennies, le péplum. Mais il faut dire que tout avait été fait, ou presque, pour faire de Gladiator un succès incontournable : ainsi, de l’impressionnante bataille d’ouverture en Germanie jusqu’au combat final entre Maximus et Commode dans le Colisée, le spectateur ne peut qu’être captivé par un défilement incessant d’images prenantes, de décors grandioses, de scènes d’actions impressionnantes et, bien entendu, par un synopsis pourtant simple – bah, ce n’est qu’une simple histoire de vengeance – mais qui n’en fonctionne pas moins… Maximus à tout perdu,  sa famille est morte, c’est un paria, un esclave, eh ben, ce n’est pas grave, il deviendra gladiateur, il montera a Rome, lutera dans le Colisée et ira peter la gueule de ce dégénéré de Commode qui lui a tout pris ! C’est basique, ça tient sur un timbre poste ce fichu scénario mais peu importe… Ridley Scott est suffisamment talentueux pour faire passer tout et n’importe quoi et puis, comment dire, Gladiator, on ne le regarde pas pour réfléchir mais pour se défouler, pour en prendre plein la vue, pour se dire que oui, une fois de plus, les gentils vont triompher des méchants… Bien sur, ce n’est pas fin, ce n’est pas un chef d’œuvre mais le cinéma, c’est aussi du grand spectacle, du rêve, du « vous allez en prendre plein la vue » et, sincèrement, dans ce genre là, Gladiator est quasiment parfait, alors, pourquoi bouder son plaisir et pas en reprendre une couche de temps en temps ? Après tout, il sera toujours temps de passer à quelque chose de plus sérieux un autre jour !?
 

Points Positifs
 :
- On peut dire pas mal de choses contre Gladiator mais comment nier que ce film, a lui tout seul, relança complètement un genre, le péplum, qui connu ses heures de gloires dans les années 50/60 et qui, depuis, était complètement ringard ? Le must absolu moderne du genre, un truc énorme qui, sans discussion possible, aura marqué son époque.
- Vous aimez le cinéma pour en prendre plein la vue, pour ne pas vous prendre la tête, pour des scénarios simples de vengeance et où les méchants sont vraiment méchants, alors, Gladiator est indubitablement fait pour vous !
- S’il y a un bien un point sur lequel ce film est inattaquable, c’est pour ses décors : tout simplement grandiose et la reconstitution de la Rome antique et du Colisée ne peuvent que marquer les esprits.
- Comment ne pas reconnaitre que la bande originale de Hans Zimmer est aussi culte que ce film !?
- Eh, les combats de gladiateurs bien sur ! Certes, historiquement, c’est n’importe quoi mais peu importe, on en a pour notre argent !
- La scène d’ouverture avec l’affrontement entre les légions romaines et les tribus germaniques ; la aussi, historiquement, ce n’est pas ça mais je ne m’en lasse pas.
- L’entrée dans Rome de Commode avec son esthétique nazi pompée sur Le Triomphe de la Volonté (1934), de Leni Riefenstahl.
 
Points Négatifs :
- Bon, j’aime bien Gladiator mais comment ne pas reconnaitre que, scénaristiquement, c’est franchement pauvre et que tout cela ne reste qu’une simple histoire de vengeance avec un gentil qui veut tuer un méchant…
- Méchant qui, d’ailleurs, est très méchant, sadique, incestueux, n’hésite pas à tuer son père ; bref, une pourriture de première que l’on ne trouve que dans les grosses productions américaines.
- Historiquement, c’est un désastre. Bon, certes, il y a des trucs biens, je ne le nie pas mais entre des personnages historiques massacrés – désolé mais Commode n’était pas le sadique que l’on nous montre dans le film – des incohérences a tous les niveaux et des combats de gladiateurs spectaculaires mais qui, dans la réalité, ne se déroulaient pas ainsi, vaut mieux voir ou revoir Rome, la série.
 
Ma note : 8/10

vendredi 21 avril 2023

Prometheus


Prometheus
 
Dans un passé lointain, un vaisseau extraterrestre arrive sur Terre. Un être humanoïde y est déposé et s'y sacrifie en absorbant un liquide noir sous l'effet duquel son corps se désintègre, répandant son ADN dans un cours d'eau. En 2089, les archéologues Elizabeth Shaw et son compagnon Charlie Holloway découvrent une peinture préhistorique en Écosse, représentant un humanoïde pointant vers six étoiles, peinture quasi-identique à des représentations picturales découvertes chez d'autres civilisations du monde. Très vite, une expédition scientifique est organisée par la compagnie Weyland, qui envoie dix-sept membres à bord du vaisseau Prometheus jusqu'à une lune lointaine appelée LV-223, censée être l'endroit indiqué sur les images. Le voyage dure deux ans pendant lesquels l'androïde David surveille le vaisseau alors que l'équipage est en biostase. À l'approche de la destination, David réveille le reste de l'équipage. Shaw et Holloway leur expliquent le but du voyage : explorer une planète probablement peuplée d'extraterrestres qu'ils nomment les « Ingénieurs », qui seraient responsables de la création de l'humanité. Le vaisseau se pose près d'un immense dôme artificiel, et plusieurs membres de l'équipage explorent l'intérieur du bâtiment. Ils y trouvent le corps décapité d'un Ingénieur, mort deux mille ans plus tôt et une grande salle parsemée d'urnes, que domine une statue monumentale représentant une tête d'humanoïde, et des fresques étranges.
 

Prometheus
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Damon Lindelof et Jon Spaihts
Musique : Marc Streitenfeld
Production : Scott Free Productions, Brandywine Productions, Dune Entertainment
Genre : Science-Fiction
Titre en vo : Prometheus
Pays d'origine : États-Unis, Royaume-Uni
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 30 mai 2012
Durée : 124 mn
 
Casting :
Noomi Rapace : Elizabeth Shaw
Michael Fassbender : David
Charlize Theron : Meredith Vickers
Idris Elba : le capitaine Janek
Guy Pearce : Peter Weyland
Logan Marshall-Green : Charlie Holloway
Rafe Spall : Milburn
Sean Harris : Fifield
Kate Dickie : Ford
Emun Elliott : Chance
Benedict Wong : Ravel
Patrick Wilson : le père d'Elizabeth Shaw
Giannina Facio : la mère d'Elizabeth Shaw
Lucy Hutchinson : Elizabeth Shaw, enfant
Branwell Donaghey : le mercenaire Jackson
Vladimir « Furdo » Furdik : le mercenaire Vladimir
C.C. Smiff : le mercenaire Sheppard
Shane Steyn : le mercenaire Taplow
Eugene O'Hare : le mécanicien Wallace
James Embree : le mécanicien Barnes
Matthew Burgess : le troisième mécanicien
Florian Robin : le quatrième mécanicien
Ian Whyte : le dernier ingénieur
 
Mon avis :
 Dans l’histoire du septième art, et plus particulièrement dans celle du cinéma de science-fiction, nul ne doute que, parmi les plus grands films du genre, Alien tient le haut de l’affiche avec quelques autres. Bien évidement, quand je parle d’Alien, je m’en tiens au tout premier, celui de Ridley Scott, véritable petit bijou d’horreur, intemporel, un chef d’œuvre souvent imité, rarement égalé, et surtout pas par ses nombreuses suites, celles-ci étant à chaque fois plus décevantes les unes que les autres. Et donc, le sieur Ridley Scott, probablement ulcéré par le succès d’un autre film qui fit énormément parlé de lui, un certain Avatar, que tout amateur de SF qui se respecte a dut regarder lors de sortie en 2009, œuvre de son grand rival, James Cameron, déjà coupable en son temps d’avoir donné une suite à Alien – le second de la saga, Aliens – se décida donc de revenir à un genre qui fit donc sa gloire trois décennies auparavant et plus particulièrement, a Alien, non pas en lui donnant une énième suite qui n’aurait rien apporter à la chose, mais une préquelle, comme le cinéma en est souvent friand, afin de plonger le fan de base dans les origines d’une saga entrée depuis longtemps dans la culture populaire. Ce choix, judicieux au possible – car nous autres, fans, sommes toujours attirés par ce genre d’artifices – n’en était pas moins à double tranchant : en effet, faire de Prometheus une préquelle d’Alien était une espèce d’assurance tout risque sur son succès à venir… entre les vieux de la vieille nostalgiques et les plus jeunes avides d’effets spéciaux et de 3D, la rentabilité de l’œuvre était assurée. Cependant, et ce n’est pas que dans le cinéma que cela arrive, lorsque l’on touche, ne serais ce qu’un peu à une œuvre culte, il faut s’attendre à une avalanche de mécontentement venu de ses mêmes vieux fans nostalgiques qui n’en sont pas moins exigeants et qui, après trois décennies, moult films, possèdent chacun leur propre opinion et vision du mythe Alien. Forcément, tout ce qui n’irait pas dans leur sens, dans leur vision de la chose ne pourrait être que considéré comme étant un horrible blasphème tout bon pour le bucher. Et ce qui devait arriver arriva… L’on peut ou ne pas aimer Avatar, mais au moins, avec ce film, non seulement, le sieur Cameron a su créer un nouvel univers, ce qui est toujours louable, mais en plus, cela lui a permis d’éviter la levée de bouclier qui s’est abattue sur Prometheus. Car oui, effectivement, et je pèse mes mots, rarement film, ces dernières années, fut aussi critiquer que celui-ci, et quelque part, cela me fit penser à ce qui arriva avec La Menace Fantôme, descendu en flèche (souvent a raison, j’entends bien) par les fans de base, dont certains tout bonnement intégristes. Enormément attendu depuis des années, cette préquelle d’Alien, quelque part, était destinée au sort qui fut le siens : et comme il fallait s’y attendre, les plus virulents furent les fans de la première heure, ulcérés que Prometheus, n’aille pas dans le sens de leur propre vision du mythe – comme il doit en exister presque autant que de fans, c’était perdu d’avance. Or, du coup, comment être totalement objectif face à ce film ? Franchement, ce n’est pas évidant puisque moi-même, faisant partie de la génération précédente, celle d’Alien donc, je n’étais pas totalement neutre. Pourtant, j’ai su faire la part des choses, et essayer de me concentrer sur l’œuvre en elle-même – est-ce un bon film ou pas, voilà la seule et unique question valable selon moi, le reste, je le laisse aux spécialistes – plutôt que de perdre mon temps en stériles querelles de clocher sur les invraisemblances entre les deux films. D’ailleurs, je me demande après coup comment Prometheus aurait été perçu sans ce lien si pesant sur ses épaules ? Mais cela, on ne le saura jamais. Mais alors, bon film ou pas ? Car après tout, c’est ce qui compte : et bien, et au grand déplaisir de beaucoup et même si je dois en faire hurler plus d’un, j’ai trouvé que finalement, il ne s’en sortait pas si mal que ça. Oh, bien évidemment, Prometheus n’est pas un grand film et je pense même, qu’avec du recul et un autre visionnage, il ne pourra pas le devenir, cependant, je ne l’ai pas trouvé aussi mauvais que bon nombres de critiques, professionnels ou pas, on put dire depuis quelques années. Certes, en regardant cette œuvre, on a parfois l’impression que la technique prend trop souvent le pas sur le scénario, qu’on a avant toute chose orienté le film vers deux choses : en faire prendre plein la vue aux spectateurs – décors grandioses en veut-tu en voilà, 3D omniprésente, effets spéciaux derniers cris etc. – mais aussi, faire plaisir aux fans d’Alien (tout en leur déplaisant, oui je sais, c’est compliqué mais les gens sont compliqués par nature) en parsemant les deux heures et quelques que dure le film d’hommages, de clins d’œil, de liens et moult références qui alourdissent souvent l’intrigue. Pourtant, et sans être géniale en soit, celle-ci n’est pas dénuée d’intérêt et j’ai particulièrement apprécié le fait – souvent utilisé mais j’aime ces vieilles théories – que l’on retrouve ici la vieille légende des anciens astronautes, de cette humanité crée par des êtres venus d’ailleurs, un peu par hasard finalement (et dans quel but, telle est la question !), ce côté mystique omniprésent, cette quête des origines et de ce qu’est la vie dans l’univers ; que des sujets qui me passionnent et que j’ai donc vu d’un très bon œil. De même, certains on regretter les personnages, souvent stéréotypés, et même si c’est le cas – pourquoi le nier – personnellement, j’ai accroché avec certains d’entre eux et plus particulièrement avec les deux principaux à mes yeux, Noomi Rapace, ex-Millénium (le vrai, pas le remake inutile made in US), toujours aussi excellente et ici dans un rôle de scientifique et de femme forte dans la tradition d’une certaine Ripley, joué en son temps par Sigourney Weaver, mais aussi et surtout, celui qui restera à mes yeux comme la grande révélation de ce film : le germanique Michael Fassbender, excellentissime dans son rôle d’androïde et qui me fit penser à un certain Bowie dans L’Homme qui venait d’ailleurs – comme par hasard, il se nomme David dans le film ; simple hasard ? Hum… Et si l’on ajoute à cela le fait que, même omniprésente, la 3D n’en est pas moins assez bien utilisée, et que les décors en mettent peut être plein la vue mais n’en restent pas moins magnifiques, que certaines scènes sont suffisamment marquantes et valent le coup et que la fin, ouverte, qui laisse un peu le spectateur sur sa faim avec tout un tas de questions non résolues, est assez bien faite, et vous comprendrez pourquoi je ne peux pas me joindre à la horde qui crie au loup devant cette œuvre. Pourtant, j’en conviens, tout n’est pas parfait dans ce Prometheus : en effet, autant par certains côtés, il n’y rien à redire, autant par d’autres, cela frôle parfois allégrement la série-B (celles-ci ayant tout de même l’excuse du petit budget) en particulier dans certaines scènes, parfois limites voir très limites – le sacrifice final avec le sourire aux lèvres, tout un tas de membres d’équipage que l’on ne voit jamais (pourquoi être si nombreux alors ?), l’autre qui se transforme en une espèce de Zombie on ne sait pas bien pourquoi, Charlize Theron qui franchement, se fait écrasée parce qu’elle le veut bien, le géologue tellement stéréotypé qu’il en devient tout bonnement ridicule etc. – et qui viennent gâcher l’ensemble. Et puis, car on ne peut pas y échapper, il y a la comparaison avec Alien, qu’on le veuille ou non, qui vient phagocyter l’ensemble et qui me fait regretter qu’il y ait un lien entre les deux œuvres. Ces éléments, finalement, auront fait que je ne peux décidément pas considérer ce Prometheus comme un grand film… mais un bon film, oui, sans problèmes, qui se regarde plutôt bien selon moi, avec ses défauts et ses qualités, qui ne sera pas le truc de l’année, mais encore moins la bouse intersidérale considérée par beaucoup. Après, se pose la question d’une éventuelle suite : la fin ouverte la laisse présager, aura-t-elle lieu, aurons-nous droit à un nouveau film qui viendra éclairer notre lanterne suite aux nombreuses énigmes qui jalonnent ce film ? Personnellement, j’aimerais bien qu’il y ait une suite ; j’espère juste qu’il ne faudra pas attendre trois décennies pour cela !
 

Points Positifs
 :
- Un assez bon film de SF, assez réussi dans son genre et franchement plaisant à suivre. Reprenant une partie du mythe de son glorieux ainé, Alien, Prometheus réussit l’exploit, par moments, de s’en démarquer suffisamment – par ses différences, ce qui aura en aura fait hurler plus d’un – pour ravir un nouveau public et satisfaire les plus agés, moins extrêmes dans leurs jugements.
- Un casting cinq étoiles et sur lequel il n’y a rien à redire. Mention spéciale à Noomi Rapace qui quitte ici sa Suède natale et Millénium, mais aussi, et surtout, à l’excellent Michael Fassbender dans un rôle d’androïde qui lui va terriblement à ravir.
- Pour ce qui est des effets spéciaux, il n’y a rien à redire, ceux-ci sont impeccables, mais bon, c’est un peu normal dans les grosses productions depuis quelques années – disons que c’est le minimum syndical.
- Une bonne préquelle à Alien, du moins, selon moi…
- Les amateurs de paléocontact seront ravis de retrouver tout un tas de références à quelques idées qui leur sont familières – création de l’Homme par des aliens, etc.
 
Points Négatifs :
- On ne peut malheureusement pas éviter les comparaisons avec l’œuvre originale, Alien, celle qui fut à l’origine d’un pan non négligeable de la culture Geak des quatre dernières décennies, et là, forcément, cela ne joue pas forcément en faveur de Prometheus, ne serais-ce que par la simple et bonne raison que les fans les plus ultras de la saga ne feront que pointer du doigt les différences n’allant pas dans leur sens…
- Hélas, Prometheus alterne entre des moments que l’on peut qualifier d’excellents et d’autres limites ridicules qui n’auraient nullement dénotés dans une vulgaire série-B. Ainsi, entre des protagonistes qui ne servent à rien, d’autres tellement stéréotypés qu’ils en deviennent navrant et quelques morts absurdes, force est de constater que les défauts sont nombreux.
 
Ma note : 7,5/10

jeudi 20 avril 2023

Blade Runner


Blade Runner
 
Six réplicants du modèle Nexus-6, génération extrêmement perfectionnée mais d'une durée de vie limitée à quatre ans (pour éviter qu'ils ne s'humanisent), détournent un vaisseau spatial, dont ils massacrent l'équipage et les passagers, avant de regagner la Terre. Ils essayent de s'infiltrer dans la Tyrell Corporation mais deux d'entre eux meurent lors de la tentative et les autres disparaissent. Plus tard, Dave Holden, un Blade Runner, fait passer le test de Voight-Kampff à Leon Kowalski, un nouvel employé de la Tyrell Corporation. Mal à l'aise, Leon, qui est un des réplicants impliqués dans l'affaire, lui tire dessus. Gaff, un policier amateur d'origami, contacte alors Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a quitté le service. Il le conduit à Bryant, l'ancien supérieur de Deckard. Bryant informe Deckard de la situation et lui montre la vidéo où Leon tire sur Holden. Le chef des Blade Runner fixe la mission de Deckard : retrouver et éliminer Leon, Zhora, Pris et Roy Batty (le chef du groupe), les quatre réplicants disparus.
 

Blade Runner
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : David Webb Peoples et Hampton Fancher, d'après le roman de Philip K. Dick
Musique : Vangelis
Production : The Ladd Company, Warner Bros
Genre : science-fiction
Titre en vo : Blade Runner
Pays d’origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 25 juin 1982
Durée : 117 minutes

Casting :
Harrison Ford : Rick Deckard
Rutger Hauer : Roy Batty
Sean Young : Rachel
Edward James Olmos : Gaff
M. Emmet Walsh : Bryant
Daryl Hannah : Pris
William Sanderson : J. F. Sebastian
Joe Turkel : Dr Eldon Tyrell
Brion James : Leon Kowalski
Joanna Cassidy : Zhora
Morgan Paull : Holden
Hy Pyke : Taffey Lewis
James Hong : Hannibal Chew
 
Mon avis :
 Alors que, sur grand écran, un certain Blade Runner 2049 avait fait parler de lui, en 2017 pour être plus précis, j’eu grande envie de me replonger dans ce qui est considéré comme étant l’un des plus grands films de science-fiction de tous les temps, je veux bien évidement parler de Blade Runner, œuvre du non moins connu Ridley Scott. L’occasion était par ailleurs plus que belle puisque, aussi incroyable que cela puisse paraitre, la toute dernière fois que j’avais eu l’occasion de voir ce film, j’étais encore en age de fréquenter les bancs de l’école, c’est pour dire, du coup, vous pouvez imaginez a la fois mon plaisir et ma curiosité de me plonger dans ce Blade Runner, par certains cotés, une quasi nouveauté pour moi – bah oui, on ne peut pas vraiment dire que je me souvenais du film dans son ensemble… Ce fut donc, hier soir, tout excité que j’étais, que j’ai donc redécouvert Blade Runner, que je me suis donc plonger dans ce long métrage culte, inspiré par une nouvelle du grand Philip K. Dick, Les Androïdes rêvent-ils de Moutons Électriques ? Eh ben ma foi, dès les premières minutes, superbes – et qui rappelleront bien des souvenirs a ceux et celles qui, il y a une vingtaine d’années, ont jouer a un certain Final Fantasy 7, celui-ci étant par ailleurs fortement inspiré par Blade Runner – j’avais compris que oui, mille fois oui, j’allais passer un excellent moment de cinéma, que dis-je, que j’aurais devant mes yeux la confirmation que Blade Runner était bien un chef d’œuvre du cinéma de science-fiction. Certes, ce ne fut même pas une grande surprise et ne serais-ce que pour toutes les œuvres qu’il aura inspiré par la suite, pour son esthétique somptueuse, sa musique – le grand Vangelis au sommet de son art – ses acteurs et, bien entendu, son synopsis d’une profondeur rare, son coté féerique et cette ambiance de polar qui aura accouché de tout le mouvement cyberpunk, l’œuvre de Ridley Scott ne peut laisser indifférent. Après, d’un autre coté, pour les spectateurs modernes, c’est-à-dire, les plus jeunes d’entre nous, il se peut que le coté un peu old-school du film ne plaise pas a tout le monde, ce qui, au demeurant, est plutôt dommage. Mais bon, en dehors de ce qui reste avant toute chose comme une stricte affaire de gouts – comme le fait de ne pas apprécier la science-fiction – force est de constater que, dans son genre, Blade Runner est un excellent film, une œuvre culte que tout amateur de SF se doit d’avoir vu ne serais-ce qu’au moins une fois dans sa vie…
 

Points Positifs
 :
- Un des plus grands films de science-fiction, tout simplement, et qui, a lui tout seul, aura inspiré tants d’autres œuvres par la suite que toutes les énumérées serait trop fastidieux. Mais bon, entre les films, les bandes dessinées, les jeux vidéos qui doivent tout ou presque a Blade Runner, comment ne pas rendre hommage au précurseur du courant cyberpunk !?
- Film de science-fiction qui reprend a merveille les codes du polar de la grande époque, œuvre empreinte d’une poésie rare et qui donne a réfléchir sur ce qu’est la vie et ce qui peut être qualifié de vivant, il apparait que Blade Runner est davantage qu’un simple film de SF.
- Une œuvre qui est tout sauf manichéenne et malgré leurs atrocités, comment ne pas éprouver de la compassion pour ses réplicants qui ont peur de mourir ?!
- Si Harrison Ford est égal à lui-même, il est clair que le reste du casting est a la hauteur, particulièrement Rutger Hauer qui a même des postures quasi christiques vers la fin.
- La bande originale de Vangelis, tout simplement parfaite et qui est pour beaucoup pour l’ambiance du film.

Points Négatifs :
- Les hurlements de loup de Rutger Hauer lors de sa course poursuite avec Harrison Ford…
- Certaines scènes accusent peut-être un peu leur age, du moins, pour les plus jeunes d’entre nous.

Ma note : 9/10

mercredi 19 avril 2023

Alien


Alien
 
En 2122, le remorqueur interstellaire Nostromo retourne vers la Terre lorsque l'ordinateur de bord — appelé Maman — interrompt le trajet et réveille l'équipage maintenu en biostase. Surpris de ne pas être arrivés à destination, les sept astronautes apprennent qu'un signal sonore inconnu a été capté à mi-chemin, émis depuis un planétoïde du système Binaire Zeta Réticuli. Leur contrat stipulant qu'ils sont tenus d'enquêter sur toute possibilité de vie extraterrestre, ils décrochent la remorque du vaisseau et se rendent sur la petite planète LV-426. L'atterrissage, rendu difficile par le relief, provoque des avaries. Pendant que le lieutenant Ripley, l'officier scientifique Ash, l'ingénieur Parker et le technicien Brett restent à bord pour effectuer les réparations et guider leurs coéquipiers, le capitaine Dallas, l'officier en second Kane et la navigatrice Lambert s'aventurent vers la source du signal. Ils y découvrent un vaisseau extraterrestre à l'intérieur duquel repose le cadavre fossilisé d'un gigantesque humanoïde. En l'examinant, ils remarquent que des os de son thorax sont éclatés, comme s'ils avaient explosé de l'intérieur.
 

Alien
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Dan O'Bannon, Walter Hill
Musique : Jerry Goldsmith
Production : Brandywine Productions, Twentieth Century Fox Film Corporation
Genre : Horreur, Science-Fiction
Titre en vo : Alien
Pays d'origine : États-Unis, Royaume-Uni
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 25 mai 1979
Durée : 117 mn
 
Casting :
Tom Skerritt : le capitaine A. J. Dallas, commandant de bord du Nostromo
Sigourney Weaver : le lieutenant Ellen L. Ripley
John Hurt : l'officier en second G. W. Kane
Ian Holm : l'officier scientifique Ash
Veronica Cartwright : la navigatrice J. M. Lambert
Yaphet Kotto : l'ingénieur J. T. Parker
Harry Dean Stanton : le technicien S. E. Brett
Bolaji Badejo : l'alien
Helen Horton : « Maman », l'ordinateur de bord (voix)
 
Mon avis : 
Ici, il n’y a même pas besoin de tourner autour du pot puisque tout le monde conviendra que Alien, œuvre de Ridley Scott, est une œuvre culte du cinéma fantastique voir même du cinéma tout court. Un film connu de tous et dont les grandes lignes – la créature trouvée sur une planète inquiétante et qui se met à décimer l’équipage d’un vaisseau cargo – sont, depuis longtemps, entrées dans la culture populaire au point même que même ceux qui n’ont jamais vu Alien le connaissent. Alors bien sur, ici, on pourrait parler de chef d’œuvre, tout simplement, et, quelque part, force est de constater que, lors de sa sortie, en 1979, le film de Ridley Scott était un formidable huit-clos qui brillait particulièrement par son esthétisme qui aura émerveillé une génération de fans – et là, rendons a César ce qui lui appartient et donc a l’artiste suisse H.R. Giger de nous avoir pondu une créature et un vaisseau spatial tout bonnement exceptionnels – mais aussi, par sa crédibilité : aux antipodes d’un Star Wars qui tient davantage de la Fantasy que de la SF pure et dure, Alien nous offrait un univers crédible, finalement bien plus proche du notre, du moins, dans le futur. Bref, un chef d’œuvre donc ? En fait, comme souvent, les choses sont un poil plus compliquées car s’il est incontestable que, dans son genre, Alien en est un, si effectivement, ce film aura marqué son époque, il est difficile de ne pas reconnaitre que le passage du temps – presque quatre décennies – n’a pas forcément été tendre avec… Car oui, depuis, la technologie a fait un bon en avant flagrant et il est difficile, avec un œil plus âgé et moins complaisant, de ne pas pointer du doigt certaines facilitées qui permettaient a l’époque de masquer des moyens qui étaient tout autre – comme, bien entendu, cette pénombre quasiment omniprésente et qui était bien pratique. Mais bon, il faut savoir aussi être indulgent, remettre les choses dans leur contexte et se souvenir que Alien date de 1979 et que s’il est moins spectaculaire que sa vrai-fausse préquelle qu’est Prometheus – film sympathique au demeurant – il n’en reste pas moins supérieur, ne serais-ce que pour sa place, gagnée et méritée, dans l’Histoire du septième art…
 

Points Positifs
 :
- Sans nul doute l’un des meilleurs films de SF, tout simplement, car si, depuis, la technologie a fait un bond en avant et si oui, le synopsis de Alien peut paraitre simpliste, il faut se souvenir qu’a l’époque, celui-ci avait fait l’effet d’une bombe et avait été oh combien novateur.
- Quand un film, son histoire, ses personnages, sa créature et son esthétique rentrent dans l’Histoire du cinéma et sont connus même par ceux qui n’ont jamais vus ce film, c’est que celui-ci ne peut pas être mauvais.
- Le plus fascinant, selon moi, c’est l’esthétique de la planète où les astronautes font la connaissance du fameux Alien : entre ce vaisseau aux formes courbes et fascinantes, cette salle de pilotage avec cette créature morte depuis une éternité, celles des œufs et, bien entendu, la fameuse créature, force est de constater que H.R. Giger à livrer, pour ce film, un travail remarquable.
- Alien est davantage un huit-clos horrifique – qui reprend les canons du genre – qu’un véritable film de SF, cependant, cette fameuse Science-Fiction n’est pas absente, étant au contraire crédible, ce qui nous change grandement de Star Wars.  
- Une Sigourney Weaver encore toute jeune et qui lança sa carrière grâce a son rôle de Ripley.
- Le chat fait partit des survivants !
 
Points Négatifs :
- Force est de constater que le passage du temps a tout de même accompli son œuvre et que, par moments, il est difficile de ne pas remarquer certains défauts propres aux productions du genre de l’époque.
- Dans le même genre, je ne suis pas sur que les jeunes générations soient franchement époustouflés par ce film comme les plus agés ont put l’être ; il faut dire que, depuis, ils ont vu tellement de superproductions spectaculaires que, à coté, Alien peut apparaitre bien gentillet – et si je dis cela, c’est que j’en ai fait l’expérience…
- Mais pourquoi se séparent-ils tous pour affronter la créature !? Fameuse question que l’on peut se poser en regardant bien des films…
 
Ma note : 8/10

samedi 10 décembre 2022

Le Dernier Duel


Le Dernier Duel
 
En 1386, en Normandie, le chevalier Jean de Carrouges, de retour d'un voyage à Paris, retrouve son épouse, Marguerite de Thibouville. Celle-ci accuse l'écuyer Jacques le Gris, vieil ami du chevalier, de l'avoir violée. Le Gris se dit innocent. L'affaire remonte jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir, le roi Charles VI doit décider s'il y aura un procès par le combat, selon le souhait du chevalier. Ce duel est censé déterminer la vérité. Si son mari est vaincu, Marguerite de Thibouville sera brûlée vive pour fausse accusation. Ruiné, Jean de Carrouges est peu soutenu, alors que Jacques le Gris peut compter sur le soutien du puissant comte Pierre II d'Alençon.
 

Le Dernier Duel
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Ben Affleck, Matt Damon et Nicole Holofcener, d'après le roman d'Eric Jager
Musique : Harry Gregson-Williams
Production : 20th Century Studios, TSG Entertainment, Scott Free Productions
Genre : Drame Historique
Titre en vo : The Last Duel
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 13 octobre 2021
Langue d'origine : Anglais, Français
Durée : 152 min
 
Casting :
Matt Damon : Jean de Carrouges
Adam Driver : Jacques le Gris
Jodie Comer : Marguerite de Carrouges
Ben Affleck : le Comte Pierre II d'Alençon
Harriet Walter : Nicole de Buchard
Nathaniel Parker : Robert de Thibouville
Sam Hazeldine : Thomin du Bois
Michael McElhatton : Bernard Latour
Caoimhe O'Malley : Elizabeth
Aoibhín Murphy : Béatrice
Tallulah Haddon : Marie
Bryony Hannah : Alice
Zoé Bruneau : Marie Chamallart
Alex Lawther : le Roi Charles VI
Marton Csokas : Crespin
William Houston : Herald
Clive Russell : l'oncle du roi
Oliver Cotton : Jean III de Carrouges
Željko Ivanek : Le Coq
Adam Nagaitis : Adam Louvel
Clare Dunne : Ceila
John Kavanagh : le prêtre de Le Gris
Bosco Hogan : un prêtre
Paul Bandey : un prêtre
Lorris Chevalier : Soldat qui chante
 
Mon avis :
 Comme je vous l’avais dit dans ma critique de House of Gucci, fin 2021, le sieur Ridley Scott avait sortit, coup sur coup, deux longs métrages, House of Gucci, donc, ainsi que Le Dernier Duel qui nous préoccupe aujourd’hui. La chose, naturellement, est peu commune et si elle aura marqué les esprits de par sa rareté, ce qui est normal, disons que, pour ce qui est du succès en salles, on ne peut pas vraiment dire que Ridley Scott ait vraiment été récompensé par ses efforts… au point même que, pour ce qui est de ce Dernier Duel, le réalisateur ait piquer une grosse colère où il fustigea la nouvelle génération qui, selon lui, est incapable de se concentrer sur une œuvre un poil plus complexe que les films hollywoodiens à grand spectacle… Sans rentrer dans une polémique stérile qui n’a pas lieu d’être ici, même si, dans le fond, je suis plutôt d’accord avec le sieur Scott, disons plutôt que si j’avais déjà enthousiasmer par House of Gucci, cela a été également le cas avec Le Dernier Duel et, ma fois, pas qu’un peu ! Revenant sur un fait historique bien réel, celui qui opposa le chevalier Jean de Carrouges à l'écuyer Jacques le Gris en 1386 et qui fut, pour la petite histoire, un des tous derniers duels judiciaires qui eut lieu en France, Le Dernier Duel est un long métrage franchement réussi et qui, ma foi, possède suffisamment de qualités pour ravir davantage qu’un simple public amateurs de reconstitutions historiques. Ainsi, si, naturellement, Ridley Scott nous entraine en pleine Guerre de Cent Ans, nous offrant au passage une reconstitution moyenâgeuse pour le moins fort réussie, ce qui compte, avant toute chose, dans ce film, ce sont ses trois protagonistes principaux : Jacques le Gris – interprété par un excellent Adam Driver – Jean de Carrouges – Matt Damon – et, bien entendu, l’épouse de ce dernier, Marguerite de Thibouville – Jodie Comer. En effet, Le Dernier Duel, plutôt que de nous proposer un simple synopsis qui nous présenterais le déroulement des événements jusqu’à la conclusion attendue, c’est-à-dire, le fameux duel, nous présente trois points de vus différents, celui des trois protagonistes impliqués et, ma foi, disons que si le procédé n’est pas nouveau, ici, il est terriblement efficace ! Ainsi, en débutant par la vision que le chevalier Jean de Carrouges à des événements qui ont conduit au duel, on se dit naturellement que le brave Matt Damon est un type sympa, droit dans ses bottes et qui est dans son bon droit. Le problème c’est que, dès le point de vu suivant, celui de Jacques le Gris, on ne peut pas s’empêcher de se dire que les choses, finalement, sont un poil plus compliquées : ainsi, la relation entre les deux hommes est présentée comme étant plus complexe, moins manichéenne. Cependant, de manière incontestable, il y a viol, c’est un fait même si Adam Driver est convaincu du contraire. Pour finir, reste le dernier point de vu, celui de Marguerite de Thibouville qui nous offre enfin la vérité et là, comment dire… disons que là, on découvre que les choses sont encore plus sombres qu’on aurait put le penser de prime abord et que, en fait, les deux hommes sont deux belles ordures qui, finalement, n’ont que faire du sort de la jeune femme. Du coup, lorsque survint cette troisième partie et que le spectateur comprend le sous-entendu de ce film, c’est-à-dire, le sort peu enviable de la gente féminine de l’époque – même si le trait est forcé puisque, en fait, le Moyen-âge fut une période plus propice au sort des femmes que ne le fut, par exemple, la Renaissance – Le Dernier Duel prend enfin de l’ampleur et révèle, au spectateur, qu’il est davantage qu’un simple film de chevaliers, bien au contraire. Naturellement, le succès n’aura pas été vraiment au rendez vous et la jeune génération, habituée aux stupidités des films de super-slips et autres joyeusetés décérébrées n’aura pas été convaincu par un film où il faut réfléchir un peu plus que d’habitude, juste un petit plus… C’est dommage, certes, mais bon, que les autres n’aillent pas s’attarder sur ces détails et se moquent un peu de toute notion de succès ou d’échec : après tout, l’important est de savoir si ce film mérite le détour et, selon moi, c’est le cas, alors, pourquoi bouder son plaisir !?
 

Points Positifs
 :
- Sans être un quelconque chef d’œuvre, loin de là, Le Dernier Duel n’en reste pas moins un très bon film qui, ma foi, a de quoi ravir les amateurs de reconstitutions historiques qui ne dédaignent pas se faire plaisir avec des œuvres un poil plus intelligentes qu’en temps normal. Captivant de bout en bout, présentant des thématiques fortes, voilà une belle réussite qui mérite le détour !
- Un scénario terriblement malin et qui se dévoile, petit à petit, alors que l’on découvre les points de vus des différents protagonistes…
- Bien entendu, c’est la condition féminine de l’époque qui est mise au premier plan de ce film, surtout lorsque le spectateur découvre la vérité au sujet des événements et qu’il s’aperçoit que les deux hommes impliqués sont, en fait, deux beaux salauds !
- Matt Damon, Adam Driver – que l’on n’a pas l’habitude de voir en salaud – Ben Affleck, nous avons tout de même droit à un casting cinq étoiles. Quand à Jodie Comer, que je ne connaissais pas, disons qu’elle n’est pas en reste, loin de là.
- Une reconstitution historique de qualité, au point même que, par moments, on s’y croirait, ou presque !
 
Points Négatifs :
- Dommage que l’on comprenne trop rapidement que oui, effectivement, il y ait bel et bien eu un viol.
- Une vision peut-être un peu trop moderne de la part du réalisateur, défaut un peu trop commun de bon nombre de longs métrages qui ont tendance à juger le passé suivant la manière de pensée actuelle, ce qui est, bien entendu, complètement anachronique.
- Si vous êtes totalement allergique aux films de chevaliers, aux reconstitutions historiques et à la violence de l’époque, alors, vous risquer de ne pas accrocher à ce film. C’est dommage, mais bon, cela peut se comprendre…
 
Ma note : 7,5/10