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mardi 11 juillet 2023

Broken Arrow


Broken Arrow
 
Neil Young

1 - Big Time (Neil Young) 7:24
2 - Loose Change (Neil Young) 9:10
3 - Slip Away (Neil Young) 8:36
4 - Changing Highways (Neil Young) 2:28
5 - Scattered (Let's Think About Livin') (Neil Young) 4:13
6 - This Town (Neil Young) 2:59
7 - Music Arcade (Neil Young) 3:59
8 - Baby What You Want Me To Do (Jimmy Reed) 8:08
 

Broken Arrow
Musicien : Neil Young
Parution : 02 juillet 1996
Enregistré : 21 mars 1996 – 17 avril 1996
Durée : 47:02
Genre : Rock, Blues
Producteur : Neil Young
Label : Reprise Records

Musiciens :
Neil Young : chant, guitares, piano, harmonica
Frank Sampedro : guitare rythmique, chœurs
Billy Talbot : basse, tambourin, chœurs
Ralph Molina : batterie, percussions, chœurs
 
Mon avis :
 Pour en conclure avec mes critiques des albums du grand Neil Young que je possède – car la discographie du canadien est nettement plus vaste – je m’attaque à présent à Broken Arrow, opus qui, pour rappel, faisait suite a l’excellent Mirror Ball, sauf que, ici, il y avait un problème… En effet, si l’on se doutait bien qu’il n’allait pas être facile pour Neil Young de se renouveler après sa petite incartade fructueuse avec Pearl Jam, force est de constater que personne, mais alors personne ne s’attendait à ce que la déception soit au rendez vous ! Car bon, comment dire… que le sieur Young renoue avec son groupe fétiche, Crazy Horse, ce n’était pas un problème en soit puisque, depuis les débuts de sa carrière, le canadien ne cesse d’y revenir, régulièrement. Non, le souci, c’est l’album en lui-même, nettement inférieur à Mirror Ball, donc, mais aussi, a quasiment tous les autres opus précédents du maitre depuis la fin des années 80, ce qui est un sacré problème, il faut en convenir. Pourtant, Broken Arrow débutait plutôt bien avec deux longs titres, Big Time et Loose Change, qui nous montrent un Neil Young assez différent de celui de Mirror Ball, certes, mais qui nous rappelle presque quelques titres emblématiques des années 70. Hélas, dès le troisième, Slip Away, lui aussi franchement long avec ses plus de huit minutes, on commence à tourner en rond, à se dire que le coté sauvage de l’album précédent manque énormément. S’en suivent quatre titres nettement plus courts, ni bons ni mauvais et là, sincèrement, on commence à pouvoir parler de déception, déception qui devient évidente avec la dernière chanson de l’album, une reprise de Jimmy Reed, Baby What You Want Me To Do, enregistrée live mais avec des moyens techniques tellement pathétiques que certains bootlegs lui sont nettement supérieurs. Bref, vous l’avez compris, Broken Arrow, s’il n’est pas complètement mauvais est loin, très loin d’être un bon album de Neil Young : alternant le moyen et le franchement bof, il souffre, en plus, de passer après Mirror Ball, ce qui, forcément, ne pouvait que lui nuire davantage…
 

Points Positifs
 :
- L’ensemble est loin d’être totalement inintéressant et certains titres ont de quoi ravir les fans de Neil Young, particulièrement Big Time et Loose Change, deux longs morceaux qui nous rappellent le Loner des années 70.
- Les fans du Crazy Horse seront ravis de retrouver le groupe fétiche de Neil Young, celui avec qui ce dernier est le plus à l’aise, musicalement parlant.
- Suivant les gouts personnels de tout à chacun, il se peut que certains apprécient davantage que moi cet album moins tape à l’œil que Mirror Ball et, quelque part, peut-être plus conforme a ce que certains se font du canadien.

Points Négatifs :
- Un opus plutôt décevant qui, s’il débute plutôt bien – Big Time et Loose Change – finit par tourner en rond avec, soit des titres trop longs dont la durée est injustifiée et d’autres trop courts alors qu’ils auraient mieux fait d’être plus longs…
- La reprise de Jimmy Reed, Baby What You Want Me To Do, est enregistrée live mais avec des moyens techniques tellement ubuesques que certains bootlegs lui sont nettement supérieurs, ce qui, ma foi, veut tout dire.
- Difficile de ne pas faire la comparaison avec Mirror Ball qui lui est, à tout point de vu, largement supérieur.
- L’album le moins réussi du canadien depuis la fin des années 80, ce qui renforce le sentiment de déception.

Ma note : 6/10

lundi 10 juillet 2023

Mirror Ball


Mirror Ball
 
Neil Young
 
1 - Song X (Neil Young) 4:40
2 - Act of Love (Neil Young) 4:54
3 - I'm the Ocean (Neil Young) 7:05
4 - Big Green Country (Neil Young) 5:08
5 – Truth Be Known (Neil Young) 4:39
6 - Downtown (Neil Young) 5:10
7 - What Happened Yesterday (Neil Young) 0:46
8 – Peace and Love (Young, Vedder) 7:02
9 - Throw Your Hatred Down (Neil Young) 5:45
10 – Scenery (Neil Young) 8:50
11 - Fallen Angel (Neil Young) 1:15
 

Mirror Ball
Musicien : Neil Young
Parution : 27 juin 1995
Enregistré : 26 et 27 janvier – 7 et 10 février 1995
Durée : 55:14
Genre : Grunge, Rock
Producteur : Brendan O'Brien
Label : Reprise Records
 
Musiciens :
Neil Young : chant, guitare, harmonium
Jeff Ament : basse
Stone Gossard : guitare
Mike McCready : guitare
Jack Irons : batterie
Brendan O'Brien : chœurs, guitare, piano
Eddie Vedder : chant, chœurs
 
Mon avis :
 Aussi incroyable que cela puisse paraitre, Mirror Ball fut le tout premier album du grand Neil Young que je me suis procurer, c’était à la fin de l’été 1995, il y donc de cela presque trois décennies déjà – ah, le temps est implacable… Et, ma foi, pour une première incursion dans la discographie du maitre, la chose aurait put paraitre pour le moins singulière, ne serais-ce qu’au vu des nombreux et excellents albums qui ont jalonné sa carrière. Pourtant, selon moi, Mirror Ball est l’un de ses meilleurs opus car même si des albums comme Harvest ou On the Beach pour ne citer que deux exemples flagrants, lui sont largement supérieurs, force est de constater qu’il n’en reste pas moins parmi les plus belles réussites du Loner. Alors bien sur, certains me diront que vu que ce fut ma première rencontre avec Neil Young, je ne suis pas objectif et même si je reconnais que cela doit jouer un peu, comment ne pas admettre que ce Mirror Ball, album où le sieur Young se permet d’avoir Pearl Jam en tant que groupe accompagnateur, ce qui, ma foi, n’est pas rien, n’est pas une réussite dans son genre ?! Car oui, en ce milieu des années 90 où régnaient d’une main de maitre ces groupes venus d’outre-Atlantique et qui avaient ringardiser a jamais un certain hard-rock de variété, je veux bien évidement parler de Nirvana, Pearl Jam, Alice in Chains ou Sonic Youth, pour n’en citer que quelque uns, un certain canadien, nettement plus âgé, assistait a tout cela d’un œil bienveillant, se reconnaissant dans cette musique brute et sauvage puisque, après tout, cela ressemblait bigrement a ce qu’il faisait depuis près de trente ans. D’ailleurs, la relève, reconnaissante, portait aux nues ce pionner du rock ce qui, fort logiquement, expliqua non seulement la rencontre entre ce dernier et Pearl Jam, la sympathie mutuelle et, par la force des choses, cet album, Mirror Ball. Mais plus qu’une sympathique partie entre amis ou curiosité musicale, Mirror Ball est un sacré bon album, un truc énorme, peut-être improbable, mais terriblement efficace de par son alchimie, Young et les jeunes pousses de Pearl Jam semblant, l’espace d’un album, ayant été faits pour se rencontrer. Le résultat ? Pour peux que vous appréciez le grunge, il est somptueux et Neil Young, accessoirement, nous pond là ce qui est probablement l’un des meilleurs albums du genre. C’est énorme, épique par moments, Young est déchainé comme jamais quant a Pearl Jam, non seulement le groupe accompagne a la perfection les chansons du maitre – accessoirement, excellentes – mais, qui plus est, il les sublime. Bref, un très grand album et Neil Young avait fort raison de chanter, dans  I'm the Ocean : « People my age don't do the things I do » (« Les gens de mon âge ne font pas ce que je fais »). Cela peut paraitre présomptueux, mais en fait, avec du recul, qui, en 1995, a part lui et Bowie, pouvait prétendre la même chose ?
 

Points Positifs
 :
- Mirror Ball est un excellent album, probablement l’un des plus sauvages de Neil Young, mais dont les chansons, malgré un enregistrement rapide ce qui leur donnent un son brut, n’en restent pas moins terriblement efficaces. Un grand opus de grunge par le papy du genre !
- La rencontre entre Neil Young et Pearl Jam avec un résultat somptueux grâce a une alchimie qui fonctionne a merveille : Pearl Jam apporte à Neil Young la fougue de la jeunesse et un son plus brut tandis que lui, bah, il se contente de sa fougue et de son immense talent.
- Quasiment tous les titres de cet album sont bons  mais si je devais en citer certains, je choisirais Peace and Love, Act of Love, Downtown, Song X, I'm the Ocean. Mais bon, les autres ne sont pas en reste.
- Un son incroyable mais si vous croyez que Pearl Jam en est l’unique responsable, attendez les solos parfaitement identifiables du maitre…
- Putain, même Eddie Vedder est excellent sur Peace and Love et, qui plus est, sans sort très bien sur les chœurs.
- La pochette cartonnée, simple et efficace a la fois.
 
Points Négatifs :
- Si vous n’aimez pas le grunge, alors, Mirror Ball ne sera pas fait pour vous, Young étant ici complètement survolté et le son restant très particulier.
- Cet album fut enregistré en très peu de jours, en quasi live finalement, ce qui fait que le son a un petit quelque chose de particulier : personnellement, j’aime, par contre, la aussi, cela pourra déplaire a certains.  
 
Ma note : 9/10

samedi 8 juillet 2023

Sleeps with Angels


Sleeps with Angels
 
Neil Young

1 - My Heart (Neil Young) 2:44
2 - Prime of Life (Neil Young) 4:02
3 - Driveby (Neil Young) 4:43
4 - Sleeps With Angels (Neil Young) 2:44
5 - Western Hero (Neil Young) 4:00
6 - Change Your Mind (Neil Young) 14:39
7 - Blue Eden (Neil Young, Ralph Molina, Frank Sampedro, Billy Talbot) 6:22
8 - Safeway Cart (Neil Young) 6:29
9 - Train of Love (Neil Young) 3:57
10 - Trans Am (Neil Young) 4:07
11 - Piece of Crap (Neil Young) 3:15
12 - A Dream That Can Last (Neil Young) 5:27
 

Sleeps with Angels
Musicien : Neil Young
Parution : 16 août 1994
Enregistré : 08 novembre 1993 – 25 avril 1994
Durée : 62:52
Genre : Rock
Producteur : Neil Young, David Briggs
Label : Reprise Records

Musiciens :
Neil Young : guitare, piano bastringue, accordéon, flûte, harmonica, chant
Frank « Poncho » Sampedro : guitare, piano, piano électrique, claviers, basse marimba, chœurs
Billy Talbot : basse, vibraphone, basse marimba, chœurs
Ralph Molina : batterie, chœurs
 
Mon avis :
 Nous sommes en 1994 et, incontestablement, Neil Young a oublié la joie qui l'animait sur le superbe Harvest Moon. Il faut dire que suicide de Kurt Cobain, survenu le 5 avril de la même année, a profondément marqué le canadien, même s'il ne l'a jamais explicitement avoué. Ainsi, tel un alchimiste dans son laboratoire, le Loner s'enferme dans son studio et s'attèle à un bien étrange projet… Au bout de quelques mois d'expériences interdites et de mélanges inquiétants, Neil ressort de son antre en emportant avec lui le résultat de ses recherches et celui-ci, ma foi, est tout simplement excellent ! Tout aussi sombre que Tonight's The Night, mais beaucoup plus indéfinissable car tellement inattendu, ce disque est animé d'une tristesse infinie, chaque instrument pleure des larmes de sang. Tour à tour électrique et acoustique, Sleeps With Angels alterne les ambiances avec un talent hors du commun. Ainsi, d’entrée de jeu, My Heart, avec son air de clavecin, est d'une beauté presque fantomatique mais ce n’est que le début… La tristesse pointe à chaque morceau, pouvant être déchirante comme sur Sleeps With Angels ou encore Prime Of Life et sa flûte dissonante, profonde et cristalline comme sur Driveby ou d'une sincère simplicité comme sur Western Hero qui aurait pu figurer sur Harvest Moon s'il n'y avait pas cette électricité soudaine qui donne des frissons le long de la moelle. Et puis il y a, bien entendu, Change Your Mind, un des sommets de l'album, long de plus de quatorze minutes et où la voix de Neil semble se briser à chaque instant tandis que les guitares rendent leur dernier souffle à chaque note jouée. Tout simplement beau à pleurer… En conclusion, jamais encore l'émotion n'avait été si présente dans un album du Loner. Aussi difficile à commenter qu'un Tonight's The Night ou qu'un On the Beach, car nous laissant sans voix, Sleeps With Angels est une illusion, un rêve dont on n'arrive pas à saisir le sens mais qu'on ne se lasse pas de refaire et, incontestablement, probablement un des derniers grands albums de Neil Young…
 

Points Positifs
 :
- Opus d’une tristesse infinie, Sleeps With Angels est un album que l’on peut qualifier sans peine de magnifique où notre Loner préféré, plus habité que jamais, nous offre moult titres qui nous touchent profondément, renouant un peu, dans le même style, avec ces monuments que furent, en leur temps, On the Beach et Tonight's The Night…
- Si cet opus comporte pas mal de bonnes voir de très bonnes chansons, il est incontestable que Change Your Mind, véritable monument de plus de quatorze minutes, en est son point d’orgue !
- Bien évidement, cet album est marqué par le suicide de Kurt Cobain que Neil Young appréciait grandement.
- Le fidèle Crazy Horse est au rendez vous et, ma foi, le groupe fait à nouveau preuve de tout son talent.

Points Négatifs :
- Naturellement, un tel opus n’est peut-être pas fait pour tout le monde et les fans qui préféreront le Loner enjoué de Harvest Moon ou le rocker endiablé de Ragged Glory risquent d’avoir un peu de mal avec ce Sleeps With Angels…
- On ne va pas se mentir, la pochette n’est pas terrible – mais bon, malheureusement, c’est souvent le cas avec Neil Young.

Ma note : 8,5/10

vendredi 7 juillet 2023

Harvest Moon


Harvest Moon
 
Neil Young

1 - Unknown Legend (Neil Young) 4:32
2 - From Hank to Hendrix (Neil Young) 5:12
3 - You and Me (Neil Young) 3:45
4 - Harvest Moon (Neil Young) 5:03
5 - War of Man (Neil Young) 5:41
6 - One of These Days (Neil Young) 4:55
7 - Such a Woman (Neil Young) 4:36
8 - Old King (Neil Young) 2:57
9 - Dreamin' Man (Neil Young) 4:36
10 - Natural Beauty (Neil Young) 10:22
 

Harvest Moon
Musicien : Neil Young
Parution : 27 octobre 1992
Enregistré : septembre 1991 – février 1992
Durée : 51:00
Genre : Country Rock
Producteur : Neil Young, Ben Keith
Label : Reprise Records

Musiciens :
Neil Young : guitare, banjo, piano, harmonium, vibraphone, chant
Kenny Buttrey : batterie (1, 2, 3, 4, 10) 
Tim Drummond : basse, marimba, broom (1, 2, 3, 4) 
Ben Keith : pedal steel guitare, dobro, basse marimba, chant (1, 2, 3, 4) 
Spooner Oldham : piano, harmonium, claviers (2, 3, 4, 10) 
Linda Ronstadt : chœurs (1, 2, 3, 4, 5)
James Taylor : chœurs (2, 4, 5)
Nicolette Larson : chœurs (3, 4, 7, 8, 9, 10)
Astrid Young : chœurs (4, 7, 9)
Larry Cragg : chœurs (4)
 
Mon avis :
 Bon, je ne vais pas vous mentir, la toute première fois que j’ai écouté Harvest Moon, je n’ai pas vraiment été emballé par cet opus du grand et inimitable Neil Young. La raison ? En fait, elles sont multiples… Premièrement, il y a le fait, avoué, que cet album renvoi, bien évidement, au cultissime Harvest, paru en 1971 et qui fut le seul et unique succès véritable du canadien, un opus magnifique, au demeurant. Bien entendu, on sentait, derrière ce Harvest Moon, une certaine pression de la part de la maison de disques qui, enfin, tenait sa suite à Harvest. Ensuite, il y a le fait qu’après une certaine renaissance artistique a la fin des années 80, on s’était habitué à un Neil Young nerveux, terriblement rageur et dont le style annonçait fort bien le grunge naissant. Forcément, un album comme Harvest Moon, plein de mélancolie, calme, country, détonnât complètement à l’époque de sa sortie et de nombreux fans dans mon genre l’écoutèrent une ou deux fois avant de passer à autre chose et de l’oublier… Et puis, le temps étant passé, j’ai souhaité redonner une chance à cet opus, principalement par curiosité après avoir vu que les critiques à son égard étaient pour le moins élogieuses et, ma foi, comment dire, ce fut une révélation ! Bon, avant d’aller plus loin, reconnaissons l’évidence : Harvest Moon est naturellement inférieur à Harvest, mais cela est normal, le second étant un pur chef d’œuvre et, au petit jeu des comparaisons, c’était jouer d’avance. Ceci étant dit, il faut tout de même admettre que Harvest Moon n’en reste pas moins comme étant un bon, que dis-je, un très bon album de Neil Young et, au demeurant, un digne successeur de son illustre ainé. Cela, tout simplement par le biais de son ambiance générale que l’on comprend peut-être mieux une fois que l’on a pris de l’âge et de la bouteille, que l’on à compris la tristesse du temps qui passe, que la souffrance est notre plus proche compagne, que le meilleur, de toutes façons, est derrière nous mais que, malgré tout, on n’en fait nullement tout un plat : après tout, c’est la vie et que pourrait-on dire a nos amis, nos amours, nos animaux perdus ? Pas grand-chose si ce n’est que nous pouvons continuer à rêver en attendant un futur qui ne sera pas aussi grandiose mais que l’on attend sereinement. Harvest Moon, c’est un peu tout cela, la jeunesse est passée, l’âge mur est arrivé et on ne peut pas y faire grand-chose si ce n’est l’accepter, alors, une fois que cela est fait, on peut apprécier cet album, reconnaitre sa force, sa grandeur et admettre, une bonne fois pour toutes, son importance dans la discographie du Loner, notre vieux compagnon de route…
 

Points Positifs
 :
- Alors que l’on pouvait être fort méfiant à l’encontre de cet album, force est de constater que Harvest Moon est une fort belle réussite et, selon moi, un des meilleurs opus de Neil Young des années 90. Emprunt d’une mélancolie tranquille, il nous montre un musicien apaisé et enfin en paix avec lui-même, qui nous livre, au passage, de fort belles chansons.
- Que de titres magnifique dans cet album : Unknown Legend, From Hank to Hendrix, You and Me, War of Man, One of These Days et, bien entendu, le superbe et romantique Harvest Moon…
- Musicalement, notre Loner préféré est en forme et, en plus, il est fort bien entouré. Petite mention à la présence des belles Linda Ronstadt et Nicolette Larson, vieilles campagnes de routes et qui sont magnifiques aux chœurs.
- Un album que l’on apprécie davantage, je pense, lorsque l’on a un certain âge et que l’on a compris le sens de la vie.
- Une pochette simple mais néanmoins efficace.

Points Négatifs :
- Bien évidement, si vous préférez le Neil Young électrique et virevoltant, vous risquerez de ne pas apprécier Harvest Moon, album trop calme, trop country dans sa conception.
- Au petit jeu des comparaisons, Harvest l’emporte haut la main, mais bon, c’est on ne peut plus normal…

Ma note : 8,5/10

mardi 4 juillet 2023

Weld


Weld
 
Neil Young
 
1 - Hey Hey, My My (Into the Black) (Neil Young/ Jeff Blackburn) 5:42
2 - Crime in the City (Neil Young) 6:32
3 - Blowin' in the Wind (Bob Dylan) 6:49
4 - Welfare Mothers (Neil Young) 7:04
5 - Love to Burn (Neil Young) 10:01
6 - Cinnamon Girl (Neil Young) 4:45
7 - Mansion on the Hill (Neil Young) 6:14
8 - Fuckin' Up (Neil Young) 7:09
9 - Cortez the Killer (Neil Young) 9:46
10 - Powderfinger (Neil Young) 5:58
11 - Love and Only Love (Neil Young) 9:17
12 - Rockin' in the Free World (Neil Young) 9:22
13 - Like a Hurricane (Neil Young) 14:00
14 - Farmer John (Don « Sugarcane » Harris, Dewey Terry) 5:00
15 - Tonight's the Night (Neil Young) 8:45
16 - Roll Another Number (For the Road) (Neil Young) 5:19
 

Weld
Musicien : Neil Young
Parution : 22 octobre 1991
Enregistré : Février 1991 – Avril 1991
Durée : 115:54
Genre : Rock
Producteur : Neil Young, David Briggs, Billy Talbot
Label : Reprise Records
 
Musiciens :
Neil Young : guitare, chant
Ralph Molina : batterie, chœurs
Frank « Poncho » Sampedro : guitare, Univox, chœurs
Billy Talbot : basse, chœurs
 
Mon avis :
 Après l’excellent Ragged Glory dont je vous ai parlé il y a tout juste deux jours à peine, album qui, pour la petite histoire, avait marquer la renaissance de Neil Young après une longue traversée du désert pendant les années 80, le Loner revient à l’honneur sur ce blog avec un opus live, un certain Weld, un album qui réussit la gageure d’être encore plus violent que son prédécesseur... Tout d’abord, il faut se remettre dans le contexte de l’époque et se souvenir que, comme la quasi-intégralité des vieilles stars du rock, les années 80 furent terribles pour Neil Young qui connu une traversée du désert ; certes, il finit par s’en remettre comme je l’avais souligné dans ma critique de Ragged Glory, cependant, a l’orée de la dernière décennie du vingtième siècle, le sieur Young semblait ne plus posséder la verve d’antant. Ensuite, autre détail qui a son importance : alors que Neil Young et son fidèle cheval fou étaient en pleine tournée, a des milliers de kilomètres de là, en Irak, débutait une certaine Guerre du Golf, première version, avec, pour la toute première fois, ces images de bombardements en direct sur CNN, ce qui traumatisa les musiciens qui, en montant sur scène, étaient totalement survoltés. Ce conflit lointain et meurtrier n’est pas anodin quand a l’ambiance de cet album où l’on retrouve même, par moments, bruits de sirènes, de bombardements et de fusillades. Mais n’allez pas croire que ce Weld n’est qu’un simple plaidoyer pour la paix de vieux hippies sur le retour car cela serait fort mal connaitre Neil Young, bien au-dessus de tout cela depuis longtemps et qui attaque le taureau par les cornes avec son style rentre dedans qui lui va si bien et qui, pour les oreilles les plus attentives, annonce quelques groupes qui vont bientôt connaitre un succès mondial comme Nirvana ou Pearl Jam, pour ne citer que les deux exemples les plus évidents. Alors bien sur, malgré le fait que Weld soit un excellent live de Neil Young, on pourra toujours lui reprocher le fait qu’il ne renouvelle par forcément le genre, chose qui, de toute façon, est pour le moins rarissime avec ce genre d’exercice ! Bref, ce n’est pas forcément un indispensable en tant que tel, sauf si vous êtes un fan absolu du Loner, ce qui, pour la petite histoire, est mon cas…
 

Points Positifs
 :
- Un excellent live de Neil Young, peut-être celui où ce dernier met autant d’énergie sur scène, ce, avec un Crazy Horse toujours aussi inspiré.
- L’album alterne entre compositions archi-connues du Loner et d’autres plus récentes, ce qui s’avère être un bon mélange et permet même, a certains, de découvrir certains titres plus obscurs de la très longue discographie du sieur Young.
- Le contexte de l’époque – pour rappel, la première Guerre du Golf – avait fortement inspiré Neil Young et ses musiciens, et cela s’entend.
- Une pochette apparemment simple mais plutôt réussie finalement.
 
Points Négatifs :
- Comme il est de coutume dans la plupart des opus lives, on retrouve des titres archi-connus, souvent les mêmes d’ailleurs…
- Si vous n’êtes pas un grand fan des albums lives, alors, vous pouvez passer votre chemin puisque Weld est l’exemple parfait de ce qu’est un bon live, avec des chansons bien plus longues que d’habitude, des parties de guitares a n’en plus finir, etc.
 
Ma note : 7,5/10

dimanche 2 juillet 2023

Ragged Glory


Ragged Glory
 
Neil Young
 
1 - Country Home (Neil Young) 7:05
2 - White Line (Neil Young) 2:57
3 - F*!#in' Up (Neil Young) 5:54
4 - Over and Over (Neil Young) 8:28
5 - Love to Burn (Neil Young) 10:00
6 - Farmer John (Don Harris/Dewey Terry) 4:14
7 - Mansion on the Hill (Neil Young) 4:48
8 - Days That Used to Be (Neil Young) 3:42
9 - Love and Only Love (Neil Young) 10:18
10 - Mother Earth (Natural Anthem) (Neil Young) 5:11
 

Ragged Glory
Musicien : Neil Young
Parution : 11 octobre 1990
Enregistré : Septembre 1990
Durée : 62:43
Genre : Rock, Hard Rock
Producteur : Neil Young, David Briggs
Label : Reprise Records
 
Musiciens :
Neil Young : guitares et chant
Frank Sampedro : guitares et chœurs
Billy Talbot : basse et chœurs
Ralph Molina : batterie et chœurs
 
Mon avis :
 On ne va pas se mentir, les années 80 furent pour le moins compliquées pour Neil Young : complètement hors-coup, musicalement parlant, ayant pondu des albums que l’on peut qualifier, au mieux, de parfaitement dispensables, le Loner, comme tant d’autres de sa génération, semblait avoir rendu les armes et n’apparaissait plus, aux yeux du public, que comme un vieil has-been tout simplement incapable de retrouver la gloire d’antant. Là aussi, on ne va pas se mentir, pour ce qui est de la gloire d’antant, il n’est pas faux de vous dire que le sieur Young ne retrouverait plus l’inspiration des débuts, cependant, cela ne signifiait aucunement qu’il ne nous pondrait plus de bons, que dis-je, de très bons albums et, justement, alors que les années 90 débutaient tout juste et que plus personne n’attendait plus grand-chose de lui, notre Loner allait nous sortir un opus que l’on peut qualifier sans peine de majeur et qui, encore aujourd’hui, plus de trois décennies plus tard, peut-être considérer comme étant un de ses derniers grands albums ! D’une violence rare, Ragged Glory débarqua donc dans les bacs en octobre 1990 et, immédiatement, il secoua les vieux fans de Neil Young : il faut dire que jamais, oh grand jamais, le canadien n’était apparu aussi énervé et même si, de par le passé, il avait déjà flirté allègrement avec l’électricité, ce ne fut jamais avec une telle intensité. D’ailleurs, que l’on ne s’y trompe pas : Neil Young, toujours accompagné de son fidèle Crazy Horse, nous pond, tout bonnement, un opus qui va plaire à des petits gars qui vont, très rapidement, devenir célèbres… De qui est-ce que je parle ? Nirvana, Sonic Youth, Pearl Jam et quelques autres, cela vous dit quelque chose ? Oui, le Loner avait ressuscité et était qualifié, d’entrée de jeu et a raison, comme étant le parrain du Grunge, ce nouveau sous-genre du rock qui allait connaitre un succès certain au début des années 90. Et tandis que ces nouveaux groupes allaient conquérir le monde, Neil Young, dans son coin, tranquille et appréciant tout cela, allait, naturellement car il est ainsi, prendre tout le monde de court et revenir a des choses plus calmes, avant de, un peu plus tard, revenir en force en compagnie de Pearl Jam – cela devait se faire avec Nirvana mais par la force des choses… Mais bon, ceci est, bien entendu, une autre histoire dont je vous parlerai en temps et en heure…
 

Points Positifs
 :
- Probablement un des albums si ce n’est l’album le plus violent de Neil Young, du moins, à l’époque puisque le live, Weld, sortit quelques temps après, poussait le bouchon encore plus loin ! Quoi qu’il en soit, Ragged Glory est un superbe opus qui ravira les fans du canadien et qui prouvait, surtout, que celui-ci, après un passage à vide, était loin d’être mort !
- Pas de titres vraiment incontournables, certes, cependant, l’ensemble est bon voir très bon et c’est un pur plaisir que de voir un Young survolté et qui maltraite comme jamais sa guitare.
- Le fidèle Crazy Horse est au rendez vous et, ma foi, si tout ce petit monde n’est plus très jeune, force est de constater que nos compères cognent plus que les jeunots de l’époque !
 
Points Négatifs :
- Les vieux fans de Harvest ont faillit faire une crise cardiaque devant ce déluge de feu qui dure prêt d’une heure !
- Bien entendu, il faut apprécier le genre ou être fan de grunge pour être réceptif a un album comme Ragged Glory…
 
Ma note : 8/10