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mardi 3 janvier 2023

Les Aventures de Tintin – Tintin au Congo


Les Aventures de Tintin – Tintin au Congo
 
Tintin se rend en paquebot au Congo Belge dans le cadre de son travail de journaliste, accompagné de son chien Milou. Tom est un homme qui s'est embarqué clandestinement sur le même bateau et qui tente à plusieurs reprises de tuer le jeune journaliste. Une suite de péripéties amène Tintin au royaume des Babaoro'm, où il devient le sorcier attitré. Il découvre alors que les hommes blancs voulant sa mort (notamment Tom) sont des gangsters affiliés à Al Capone qui tentent de prendre le contrôle de la production de diamants au Congo.
 

Les Aventures de Tintin – Tintin au Congo
Scénario : Hergé
Dessins : Hergé
Couleurs : Hergé
Couverture : Hergé
Editeur : Casterman
Genre : Aventure, Franco-Belge
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : 1946
Nombre de pages : 62

 
Mon avis : 
Après avoir abordé le cas de Tintin au Pays des Soviets, premier volume des aventures du reporter à la houppette, intéressons nous donc, à présent, a ce fameux et tant contesté Tintin au Congo, album qui depuis quelques années traîne autour de lui une réputation sulfureuse a tendance raciste. Tout d’abord, l’histoire en elle-même : ce n’est pas un grand Tintin, il faut l’admettre, la suite sera largement d’un niveau supérieur, cependant, malgré cela, il garde un certain charme désuet des premières aventures du reporter a la houppette. Tintin au Congo est le type même du Tintin pré-Haddock : Milou y occupe une place importante, il discute le plus logiquement du monde avec son maître qui trouve cela parfaitement normal et on se trouve en plein dans les grands voyages dépaysant des premiers volumes (en URSS, en Amérique, en Chine etc.). Certes, au fil de sa carrière, Tintin et ses compagnons parcourront le monde (et la Lune) dans tous les sens, mais l’ambiance en sera différente, bien moins naïve que dans les premiers volumes qui datent des années 30. Et justement, c’est la que le bât blesse. Nombreux sont ceux, qui, à la lecture de ce Tintin au Congo, ont taxé Hergé de raciste, et il est clair qu'en le relisant, après tant d’années, je ne peux que reconnaître qu'il existe bel et bien un certain malaise dans cet album. Mais la où certains grand défenseurs de la cause noire souhaiteraient son interdiction pure et simple, je n’irais pas jusque la. Certes, les stéréotypes sur les africains sont légions, et même sans lire l’album, rien que la façon dont ils sont dessinés est peu reluisante. Mais ces stéréotypes tant décriés ne sont pas plus nombreux que dans Tintin au pays des Soviets ou que dans Tintin en Amérique : comme dans d’autres bandes dessinées de l’époque, mais aussi dans des romans ou dans des films, on a droit a la vision occidentale de l’Homme Blanc sur le reste du monde, vision qui, si elle peut paraître condamnable de nos jours est a remettre dans le contexte du début du siècle qui n’est évidement pas le notre. Un exemple flagrant dans Tintin au Congo : le nombre d’animaux qui sont tout bonnement massacrés dans l’histoire. Inacceptable de nos jours, et c’est normal. Mais c’était malheureusement cela un safari entre les deux guerres, on ne peut pas réécrire le passé. Et c'est ce que souhaiterait le politiquement correct, c'est-à-dire : supprimer tout ce qui est gênant même si cela dénature des œuvres, voir les interdire (après tout, on gomme bien les cigarettes sur certaines photos d’acteurs de l’époque, ce qui au passage est assez ridicule, on connaît aujourd'hui les méfaits du tabac, mais ce n’est pas une raison pour occulter le fait que celui ci occupe une place légendaire dans l'industrie cinématographique). Alors, oui, Tintin au Congo représente bien la vision que pouvait avoir un belge des années 30 sur les africains, avec toutes les fausses idées et les stéréotypes de l’époque. Mais de là a taxé Hergé de raciste, c’est aller un peu vite en besogne pour qui s’intéresse un tant sois peu a sa vie. Et ce n’est même pas nécessaire : il suffit de relire l’intégralité des Aventures de Tintin pour se rendre compte que ce soit disant racisme est bien peu présent et que Hergé ne mérite absolument pas un procès en sorcellerie que beaucoup souhaiteraient mais qu'il devrait plus être vu comme un homme de son temps qui évolua rapidement dans sa vison du monde.
 

Points Positifs
 :
- Un album loin d’être exceptionnel, bien au contraire, mais qui reste plutôt plaisant à lire pour les plus jeunes d’entre nous et ceux qui apprécient les Tintins pré-Haddock, c’est-à-dire, des récits plus naïfs, certes, mais loin d’être inintéressants.
- Graphiquement, l’apport de la couleur est un plus en comparaison de Tintin au Pays des Soviets. De plus, on note qu’Hergé maitrise nettement plus son style et que les dessins sont nettement plus aboutis.
- Bien évidement, avec cet album, il faut savoir se remettre dans le contexte de l’époque qui était bien différent du notre. Bref, je pense qu’une petite notice explicative, de nos jours, ne serait pas inutile.

Points Négatifs :
- Bon, même s’il faut savoir remettre les choses dans son contexte, il faut tout de même reconnaitre que la lecture de ce Tintin au Congo nous laisse un certain malaise : entre la vision des africains qu’avait Hergé à l’époque, la manière dont ils étaient dessinés, son avis sur l’importance de la mission civilisatrice des européens ou les animaux qui étaient juste bons à se faire chasser sans la moindre vergogne, force est de constater que moult raisons font que l’on n’apprécie guère cet album. Après, pas au point de l’interdire car je pense que ce serait de la censure.
- Je peux parfaitement comprendre, au vu de tout ce que je viens de souligner, que de nombreuses personnes détestent cet album.
- Tintin au Congo est un des tous premiers albums, du coup, en comparaison de ce qu’Hergé fera par la suite, il faut reconnaitre que, qualitativement parlant, il est à des années lumières des meilleurs albums de la saga. Trop naïf, bourré de gags parfois discutables, nous sommes loin des chefs d’œuvres à venir…

 Ma note : 5/10

Les Aventures de Tintin – Tintin au Pays des Soviets


Les Aventures de Tintin – Tintin au Pays des Soviets
 
Au temps de l’URSS de Staline, le reporter Tintin et son fox-terrier Milou sont envoyés à Moscou par Le Petit Vingtième afin d'y effectuer un reportage. Informés de son départ et des raisons de sa venue, les Soviétiques dépêchent un agent secret afin de le tuer, et font exploser son train, alors en Allemagne. Le héros en réchappe, mais est accusé de l’attentat par les autorités allemandes et est emprisonné. Il réussit néanmoins à s'enfuir et poursuit son voyage jusqu’en URSS. Dès la frontière, à Stowbtsy, il est immédiatement traqué par la Guépéou, qui tente de l’arrêter ou de l’éliminer à plusieurs reprises : à l'aide d'une peau de banane, en le faisant dérailler, en se déguisant pour le piéger, et en le traquant dans son hôtel.
 

Les Aventures de Tintin – Tintin au Pays des Soviets
Scénario : Hergé
Dessins : Hergé
Couleurs : Hergé
Couverture : Hergé
Editeur : Casterman
Genre : Aventure, Franco-Belge, Satire Politique
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : 1930
Version Couleur : 11 janvier 2017
Nombre de pages : 138
 
Mon avis : 
S’il y a bien un album a part dans la longue carrière des aventures du plus célèbre des personnages de Hergé, Tintin, que l’on ne présente plus, c’est bel et bien ce Tintin au Pays des Soviets, premier volume d’une saga qui connu un succès fulgurant par la suite au point de faire du reporter a la houppette l’une des figures les plus importantes de la bande dessinée mondiale. Cependant, si cet album est, comme je l’ai dit, a part, c’est que non seulement, pendant des années, il fut introuvable – perso, je n’ai put le lire que dans les années 90 – ceci s’expliquant par le simple fait que, contrairement aux autres premiers titres de Hergé, celui-ci, après la guerre, ne le modernisa jamais, le Tintin au Pays des Soviets que l’on connait de nos jours étant tout bonnement le même que celui parut en 1930. Du coup, entre le fait qu’il soit en noir et blanc – pour ce qui est de la version traditionnelle, ici, je vous présente la version colorisée – et que, graphiquement parlant, cela reste très naïf si on compare les dessins avec ce que Hergé fera par la suite, d’entrée de jeu, le lecteur, familier des albums traditionnels sera forcément déstabiliser. Cependant, le problème n’est pas forcément là, ni même, accessoirement, sur le fait que nous avons ici un brulot anti-Soviétique : après tout, n’en déplaise aux derniers communistes qui existent encore de nos jours et même s’il y a bien quelques exagérations, l’URSS, ce ne fut jamais le paradis des travailleurs, bien au contraire… Non, le problème, c’est que scénaristiquement, tout cela est d’une pauvreté affligeante puisque, en effet, les planches ne sont qu’une succession de gags ou de scènes d’actions où l’on voit Tintin et Milou échapper a divers dangers, la plupart du temps, de manière plus qu’improbable – il faut dire que comme l’avait reconnu Hergé par la suite, lors de ses premiers albums, il ne préparait pas son scénario a l’avance mais le créait un peu au fur et a mesure. Du coup, et en toute objectivité, que reste-t-il au final de ce Tintin au Pays des Soviets si ce n’est son coté historique ? Eh bah ma moi, et au risque d’en froisser certains, pas grand-chose : très pauvre scénaristiquement, des dessins loin d’être a la hauteur, nous avons là un album qui ne vaut que pour une seule et unique raison, celle que c’est ici que Tintin débuta sa longue et extraordinaire carrière qui le fit connaitre dans le monde entier, quand à la version colorisée, sortie il y a tout juste quelques années, est-elle vraiment indispensable ? A chacun d’en juger…
 

Points Positifs
 :
- Le coté historique de la chose puisque nous avons là le tout premier album des Aventures de Tintin.
- La curiosité de découvrir ce qu’était un Tintin en noir et blanc et, mine de rien, un exemple de ce que pouvait être une bande dessinée du tout début des années 30.
- Même s’il y a quelques exagérations, cela reste une intéressante satyre politique de l’URSS, n’en déplaise aux communistes, encore nombreux dans notre pays.
- Heureusement qu’il y a Milou pour le coté humoristique de la chose.
- Les allergiques au noir et blanc apprécieront cette version colorisée sortie il y a quelques années…

Points Négatifs :
- Scénaristiquement, c’est d’une pauvreté affligeante et on peut dire, sans exagération, que l’intrigue tient sur un timbre poste, tout cela n’étant qu’une succession de scènes d’actions improbables et de gags pas toujours drôles d’ailleurs.
- Pour ce qui est des dessins, Hergé fera beaucoup mieux par la suite, mais alors, vraiment beaucoup mieux !
- Il y a des moments, on dirait presque que le sieur Tintin possède des superpouvoirs vu comment il se sort de certaines situations ou comment il répare une voiture ; cela devient limite ridicule…
- La police politique doit neutraliser Tintin et l’un de ses agents utilise une… peau de banane !? Oui, je sais, ce genre de truc devait être naturel dans une publication pour la jeunesse en 1930.
- Certains hurleront, probablement à raison, envers cette version colorisée qui, selon eux, dénature l’œuvre originale…

Ma note : 4/10