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mardi 10 octobre 2023

The New Frontier


The New Frontier
 
Durant les années 1950, les États-Unis d’Amérique, qui se trouvent alors en pleine Guerre Froide face à l’URSS, plongent en pleine paranoïa et le gouvernement décide de mettre au ban de la société les premiers super-héros des années quarante. Cependant, des cendres de cette époque révolue vont éclore de nouveaux justiciers parmi lesquels J'onn J'onzz, Barry Allen ou encore Hal Jordan. Et cette génération de héros issue de la course à l'espace va devoir enquêter sur un mystère des plus anciens menaçant de conquérir la Terre.
 

The New Frontier
Scénario : Darwyn Cooke
Dessins : Darwyn Cooke
Encrage : Darwyn Cooke
Couleurs : Dave Stewart
Couverture : Darwyn Cooke
Genre : Super-Héros
Editeur : DC
Titre en vo : The New Frontier
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 28 juin 2016
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 06 décembre 2019
Nombre de pages : 544

Liste des épisodes
The New Frontier 1-6
 
Mon avis :
 Monumental, tout simplement ! Il faut dire que cela faisait fort longtemps que j’avais entendu le plus grand bien de cette relecture du passé de l’univers DC par le sieur Darwyn Cooke et que, forcément, lorsqu’en décembre dernier, les éditions Urban Comics nous proposèrent une nouvelle édition de la chose, je ne pouvais pas passer à coté de celle-ci et, ni une, ni deux, ce fut avec un grand plaisir que, après me l’être procurer, je me suis plonger dans sa lecture. Et donc, le résultat fut-il à la hauteur de mes espérances, tout le bien que j’avais entendu au sujet de The New Frontier était-il justifier ? Je ne vais pas tourner autour du pot plus longtemps : oui, mille fois oui, l’œuvre de Darwyn Cooke est un incontournable, quelque chose d’énorme, d’indispensable, même, pour tout bon fan de DC qui se respecte, voir même, de tout fan de comics dans le sens le plus large possible… Pourtant, a priori, on pourrait trouver que le procédé n’est pas le plus original qui soit : en effet, depuis longtemps, tant du coté de DC que chez Marvel, les relectures du passé – pour ne pas dire les réécritures de celui-ci – des deux grosses maisons d’éditions sont monnaie courante, parfois avec succès, parfois non. Mais ici, nous n’avons pas affaire a une quelconque réécriture destiné a faire coller les protagonistes a un passé plus récent – toujours le problème de temporalité propre au médium – bien au contraire : Darwyn Cooke, en fan appliqué et connaisseur de l’univers DC, décide plutôt de revenir sur ce fameux passé, décidant de lier toutes les séries de la maison d’édition en allant, grosso modo, de la Seconde Guerre Mondiale au tout début des années 60 – la nouvelle frontière dont est tiré le titre étant, bien entendu, en référence a un célèbre discours de JFK. Ainsi, avec un style artistique qui nous rappelle celui de l’époque et qui, ma foi, est superbe sans tomber dans la caricature, l’auteur nous offre un formidable voyage dans le temps, faisant évoluer son intrigue ou, plus précisément, ses multiples sous-intrigues qui, bien entendu, finiront par se rejoindre au bout, sensiblement, d’un quart de siècle, ce, pour un final tout bonnement majestueux. Majestueux, le mot est dit, mais il est valable pour l’intégralité de cette œuvre qui est parfaite de bout en bout et qui, en liant des événements et des protagonistes historiques a nos super-héros mais aussi a d’anciennes gloires de chez DC complètement tombées, depuis longtemps, dans l’oubli – les Loosers, la première mouture de la Suicide Squad, entre autres – nous entraine dans une folle histoire, captivante, souvent étonnante et maitrisée d’une main de maitre ! Bien évidement, les parfaits connaisseurs de l’univers DC seront davantage à l’aise devant The New Frontier, c’est un fait, cependant, contrairement à d’autres œuvres du même genre, ici, nul besoin d’être un spécialiste pour apprécier totalement les tenants et les aboutissements de l’intrigue, loin de là. Bref, un incontournable comme on aimerait en voir plus souvent et qui, j’en suis persuader, sera un jalon sur lequel bien des publications futures devront se mesurer…
 

Points Positifs
 :
- Une des œuvres les plus magistrales qu’il m’a été donné de lire chez DC, et ce, depuis bien longtemps. Il faut dire que Darwyn Cooke nous offre une relecture du passé tout simplement fascinante et intelligente à la foi, ce qui est rare dans ce type de comics, et que sa volonté de faire le lien entre tous les héros de la maison d’édition, des équipes de soldats de la Seconde Guerre Mondiale a l’explosion superhéroique des années 60, est tout bonnement géniale !
- Le style artistique que nous propose Darwyn Cooke, la mise en page des planches, nous fait faire un véritable voyage dans le temps qui nous permet, presque, de nous faire croire que l’on à affaire à un comics de l’époque. Chapeau bas à l’artiste pour ce pari oh combien risquer et franchement réussi !
- Captivant de bout en bout, et il y a, grosso modo, plus de 500 pages dans cet album ! Il faut dire que l’intrigue nous fait découvrir tout un tas de protagonistes qui s’avèrent tous, du plus obscur au plus connu, terriblement charismatiques, même les plus inattendus. Du coup, on se passionne pour le sort de figures majeures comme J'onn J'onzz et Hal Jordan mais aussi du moindre personnage comme les Loosers du début et tout un tas d’autres que j’ai découvert ici.
- Les grands moments de l’histoire sont, bien évidement, au rendez vous : Seconde Guerre Mondiale, Guerre de Corée, Maccartisme, course à l’espace, etc.
- Darwyn Cooke nous explique pourquoi les premiers super-héros ont disparus, pourquoi, pendant les années 50, les héros n’avaient pas de pouvoirs, qu’avaient fait Superman, Wonder Woman et Batman a cette époque, mais aussi, pour quelle raison les super-héros sont revenus au premier plan au début des années 60.

Points Négatifs :
- Une bonne connaissance de l’univers DC, sans être indispensable, me semble tout de même nécessaire pour apprécier au mieux une œuvre aussi monumentale que The New Frontier.
- A moins d’être totalement allergique à DC, a ce genre d’histoires où il y a une foule de protagonistes méconnus ou au style de dessin, je ne vois pas trop ce que l’on peut reprocher à l’œuvre de Darwyn Cooke. Après, les gouts et les couleurs…

Ma note : 9/10

mardi 3 octobre 2023

Justice


Justice
 
Un cauchemar extrêmement réaliste mettant en scène les membres de la Ligue de Justice d’Amérique (Superman, Wonder Woman, Batman, Flash, etc.) est vécu par tous les ennemis des héros. Dans celui-ci, ils voient les membres de la JLA ne pas parvenir à empêcher la Terre d'exploser... Aquaman a le sentiment qu'une présence étrangère rode dans son royaume, l'Atlantide. Il se rend près de l'endroit en question et tombe alors sur Black Manta. Son ennemi ne doit pas pouvoir le battre en temps normal mais sans qu'il n'y comprenne rien Aquaman voit ses sujets tels que les requins l'attaquer... Dans un désert, Captain Cold créé un immense iceberg au milieu du sable, apportant la vie à une contrée qui en manquait. Il n'est pas le seul vilain à réaliser un acte inattendu. Poison Ivy crée des arbres fruitiers afin de lutter contre la famine et le Docteur Woodrue soigne les malades incurables... Edward Nigma dit le Sphinx aurait dérobé un disque contenant des données secrètes sur l’identité des super héros. Batman se lance à sa poursuite. La JLA commence à multiplier les recherches suite à la disparition d'Aquaman mais nos héros doivent faire vite, car le seigneur des mers est aux mains d'un certain Brainiac et ce dernier a l'intention d'ouvrir son crâne...
 

Justice
Scénario : Jim Krueger, Alex Ross
Dessins : Alex Ross, Doug Braithwaite
Encrage : Alex Ross
Couleurs : Alex Ross
Couverture : Alex Ross
Genre : Super-Héros
Editeur : DC Comics
Titre en vo : Justice
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 19 juin 2012
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 07 juillet 2017
Nombre de pages : 504

Liste des épisodes
Justice 1-12
 
Mon avis :
 Indéniablement, Justice, mini-série en douze parties était une œuvre que je souhaitais lire depuis longtemps, même si, comme vous pouvez le constater, il m’aura fallu un certain temps pour m’y atteler. Il faut dire que, au vu de la taille de la chose et d’un certain manque de temps, je repoussais sans arrêt la lecture de cette œuvre, m’y attelant, enfin, et ce, avec un enthousiasme plus que certain. La raison ? En fait, elle est toute simple puisque Justice n’est que l’une des dernières créations en date de l’un des plus grands noms des comics, je veux bien évidement parlé du grand Alex Ross. Magnifiant, de la plus belle des manières, de par ses peintures réalistes, l’univers DC comme nul autre, l’artiste se fit un nom, principalement, par le biais du cultissime Kingdom Come, monument des comics books des années 90, mais aussi, du coté de la concurrence, avec un certain Marvels qui, lui aussi, mérite le détour. Du coup, c’était avec une impatience on ne peut plus compréhensible que je me plongeais dans la lecture de ce Justice, œuvre conséquente de par sa taille, magnifique de par ses dessins et fort audacieuse de par son postulat de départ. En effet, dans celui-ci, les principaux super-vilains de l’univers DC décident de faire cause commune non pas pour vaincre une bonne fois pour toutes leurs ennemis – quoi que, ils le font tout de même – mais principalement pour sauver la Terre, ce, suite a un rêve commun qu’ils ont fait et qui voit la JLA échoué à sauver l’humanité d’une apocalypse nucléaire. L’idée, il faut l’avouer, est plutôt intéressante et comme il faut rendre à César ce qui lui appartient, la première partie de ce Justice, où les membres de la JLA mordent tous la poussière et où l’alliance des vilains emporte la mise de la plus belle des manières est une pure merveille du genre. Il faut dire qu’en plus, le scénario met le point sur une idée pertinente : pourquoi les héros ne se sont jamais véritablement occupés des problèmes de l’humanité car, en effet, s’ils affrontent des menaces extraterrestres ou empêchent un Luthor de prendre le pouvoir, jamais, malgré leurs pouvoirs et leurs connaissances ils n’ont essayé de vaincre la faim dans le monde, la maladie, de mettre un terme aux guerres, a la pollution, etc. Or, cela, nos vilains, ensemble, le font, ce qui entraine un changement de point de vu de la part de l’humanité vis-à-vis de Superman et compagnie… Bref, comme vous l’avez compris, la première partie de Justice est superbe, sublime presque et on se dit, a ce moment là, qu’on a affaire a un véritable chef d’œuvre, or, la suite, elle, est loin d’être a la hauteur de nos grandes espérances… En effet, si l’on se doutait bien que cette alliance de vilains dissimulait de bien sombres secrets, si l’on savait par avance que nos héros retourneraient la situation d’une manière ou d’une autre, la suite est loin d’être a la hauteur de ce que l’on était en droit d’attendre après un début aussi bon. Du coup, si la seconde partie se laisse encore parcourir avec un certain plaisir par moments et regorge de bonnes voir de très bonnes idées, la dernière, elle, n’est qu’une longue succession de déceptions qui gâchent, indéniablement, l’impression finale que l’on peut avoir de cette mini-série. Ainsi, les vilains connaissent les identités secrètes des héros ? Un deus-ex-machina rétablira le statu-quo ! Les héros vont-ils devoir expliquer pourquoi jamais ils ne s’étaient occupés des véritables problèmes de l’humanité ? Allons bon, tout cela est occulté et recommence comme avant ! Quand a l’affrontement final… eh ben, comment dire… non seulement il est long, très long, mais en plus, la plupart du temps, on y comprend pas grand-chose ! Bref, vous l’avez compris, de par un final bancal, Justice, qui avait pourtant tout pour être un chef d’œuvre finit par décevoir, certes, pris dans son ensemble, cette mini-série reste plutôt bonne et puis, il y a toujours les dessins d’Alex Ross, tout bonnement somptueux. Hélas, au vu du potentiel de départ de cette œuvre, au vu de ce que l’on était en droit d’attendre de celle-ci, au vu de sa première partie, indéniablement, la déception est au rendez vous… car oui, Justice ne pouvait pas se contenter d’être un bon comics seulement…
 

Points Positifs
 :
- Le postulat de départ est excellent et voir ainsi les plus grands super-vilains de l’univers DC se réunir pour vaincre enfin la JLA et, surtout, s’occuper des véritables maux de l’humanité afin de sauver la planète est une magnifique idée.
- Les peintures d’Alex Ross, bien entendu, qui magnifient l’ensemble, comme a chaque fois. Il faut dire que le sieur Ross est un artiste que l’on ne présente plus et que, comme aucun autre ne met autant en valeur les personnages de DC, c’est toujours un régal que de se plonger dans l’une de ses œuvres.
- La première partie – les quatre premiers épisodes – qui va du rêve des vilains jusqu’à la réussite de ces derniers après la mise en œuvre de leur plan est un pur régal. Dans une moindre mesure, la seconde partie se laisse lire et n’est pas dépourvue de bonnes idées, loin de là.
- Un nombre conséquent de protagonistes, la plupart étant mis en valeur par les dessins d’Alex Ross et un scénario qui les glorifie. Bien sur, il faut être un familier de l’univers DC pour reconnaitre tout le monde et saisir toutes les références.
- Alex Ross est fan de Captain Marvel visiblement : souvenons-nous du rôle qu’il avait dans Kingdom Come et ici, il est encore fortement mis en avant.
- Encore une fois, Urban Comics démontre qu’il est le meilleur éditeur de comics sous nos latitudes, et ce, avec une édition somptueuse fortement enrichie par une multitude de dessins, d’entretiens avec les auteurs, etc.

Points Négatifs :
- La dernière partie déçoit tellement que l’impression finale que l’on pouvait avoir de Justice change du tout au tout. Il faut dire que cette mini-série avait pourtant tout pour être un chef d’œuvre mais avec un tel final, il se contente d’être bon, ce qui, de mon point de vu, est insuffisant au vu du potentiel de départ.
- Jamais Superman et compagnie ne s’étaient atteler à la faim dans le monde, à la maladie, à la guerre, a la pauvreté. Les vilains, eux, mettent l’accent sur ce fait, s’en occupent, eux et, à la fin, retour au statu-quo avec des héros qui retournent vivre dans leurs tours d’ivoire tandis que pauvres et malades poursuivent leur petite vie misérable.
- Fichtre, les identités secrètes de nos héros sont découvertes et leurs proches sont en danger ! Pas de panique, un deus-ex-machina ridicule sauvera les miches de tout le monde !
- Un affrontement final trop long et par moments incompréhensible…

Ma note : 7,5/10

vendredi 29 septembre 2023

Batman – The Dark Knight Returns


Batman – The Dark Knight Returns
 
La chaleur est étouffante à Gotham depuis quelques jours. On dépasse maintenant les 40 degrés ! Dans cet enfer climatique, la tension est au maximum avec de nombreux cas d'agressions, vols et meurtres. On parle souvent aux informations du gang des Mutants qui font régner la terreur dans les rues. Il faut dire que Batman n'intervient plus depuis dix ans maintenant. A-t-il décidé de se retirer de l'action? Est-il gravement blessé ou pire, mort? Personne ne comprend sa disparition et son absence laisse un grand vide et provoque le chaos. Comme si cela ne suffisait pas, on annonce partout que Harvey Dent a changé. Le psychiatre Bartholomew Wolper est persuadé que son patient est guéri de son dédoublement de la personnalité et le chirurgien Herbert Willing a fait des merveilles en lui redonnant son visage d'antan. C'est un Harvey Dent métamorphosé qui apparaît devant la télévision et qui déclare s'être repenti. Il veut désormais faire le bien pour réparer ses erreurs passées. Bruce Wayne voit toutes ces nouvelles, installé sur le canapé de son salon. Il ne fait que boire et s'isoler de plus en plus, malgré les conseils d'Alfred. Il y a bien longtemps qu'il n'a plus endossé le costume de Batman. Alors qu'il est en pleine méditation, une chauve-souris vient percuter la fenêtre du manoir. Batman va-t-il revenir ?
 

Batman – The Dark Knight Returns
Scénario : Frank Miller
Dessins : Frank Miller
Encrage : Klaus Janson
Couleurs : Lynn Varley
Couverture : Frank Miller
Genre : Super-Héros
Editeur : DC
Titre en vo : Batman – The Dark Knight Returns
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : Février 1986 – Juin 1986
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 25 janvier 2019
Nombre de pages : 240

Liste des épisodes
Batman – The Dark Knight Returns 1-4
 
Mon avis :
 Abordons aujourd’hui ce qui est un récit majeur du Chevalier Noir, surnom du célèbre Batman, je veux, bien entendu, parler du fameux The Dark Knight Returns. Œuvre de Frank Miller, auteur, entre autres, d’un certain 300 dont je vous parlerais à l’occasion sur ce blog, cette mini-série, lorsqu’elle paru, au milieu des années 80, révolutionna totalement à la fois la série Batman mais également, dans un sens plus large, le média des comics en général – le seul équivalent crédible étant, bien entendu, Watchmen paru à la même époque. Bref, vous l’avez, ici, tout à été dit, ou presque, sur cette œuvre depuis une bonne trentaine d’années, sur ce coup de génie de Miller de nous proposer une version plus âgée de notre héros, de le faire revenir aux affaires dans un monde bien plus sombre et cynique, un monde où les super-héros sont devenus persona non grata et où, plus que jamais, les criminels ont les coudés franches pour martyrisés leurs victimes… Cependant, au-delà du coté révolutionnaire de la chose à proprement parler – il suffit de faire des comparaisons entre ce The Dark Knight Returns et la concurrence de l’époque qui, de nos jours, à terriblement vieillit – au-delà de la maitrise impressionnante d’un Miller en état de grâce, ce qui m’aura le plus marquer, c’est le coté visionnaire de cette œuvre. Paru en 1986, The Dark Knight Returns est terriblement moderne dans son propos et cette société dépeinte par l’auteur, tellement sombre, cruelle et cynique est tellement proche de la notre qu’on ne peut que s’incliner, bien bas, devant un auteur qui aura sut anticiper, de belle manière, l’évolution de la société occidentale. Ainsi, entre l’omniprésence des médias qui prennent tout à la légère et qui donnent libre accès a moult experts en expertises qui ne cessent de se contredire et s’invectiver à l’écran, comment ne pas reconnaitre nos chaines d’infos en continu modernes ? Devant le basculement de la justice vers la compréhension et l’excuse des actes criminels, au demeurant du sort des victimes, comment ne pas se dire que, quelque par, de nos jours, ceux qui commettent un crime sont mieux logés que leurs victimes ? Quand au comportement violent d’une foule, terriblement bien écrit par Miller, comment ces pages ne nous renvoient-elles pas aux heures les plus sombres de notre histoire mais aussi, a ceux et celles qui se battent pour des pots de Nutella ou, plus récemment, Covid oblige, pour du papier hygiénique ? Bref, The Dark Knight Returns, c’est également tout cela et, quelque part, si j’ai souhaité mettre l’accent sur ce point plutôt que sur d’autres, c’est que, justement, avec du recul nécessaire, c’est ce qui m’aura le plus marquer. Bien évidement, je pourrais également vous parler des dessins, du coté cinématographique de l’ensemble et de tout un tas d’autres qualités qui ressortent de ce comics, mais bon, cela a été dit moult fois et, je n’en doute, avec bien plus de talent que moi. Alors, si je n’ai qu’une seule chose à dire en guise de conclusion, c’est que si vous êtes fans de Batman ou de comics en général, vous ne pouvez pas passer a coté de ce The Dark Knight Returns, indéniablement, un des chef d’œuvres du genre !
 

Points Positifs
 :
- Un des plus grands si ce n’est le plus grand récit consacré à Batman. Il faut dire que, avec The Dark Knight Returns, Frank Miller nous offre le comic ultime sur ce personnage, quasiment parfait de bout en bout et qui, tout en révolutionnant le genre à l’époque, aura marqué et inspirer toute une génération de scénaristes par la suite… Bref, un incontournable absolu !
- Le coté visionnaire de l’ensemble est, de mon point de vu, ce qui m’aura le plus marquer dans cette mini-série. Il faut dire que cette société ultraviolente et cynique qui nous est proposée par Miller ressemble tellement à la notre que cela en devient troublant.
- Visuellement, The Dark Knight Returns est une pure merveille ! Bien entendu, Frank Miller possède un style particulier, c’est un fait, cependant, au moins, celui-ci possède un style, ce qui n’est pas le cas de bon nombre de dessinateurs. Quand au coté cinématographique de l’ensemble et le dynamisme de ces planches, il est clair que l’on à rarement fait mieux !
- Un Batman agé et désabusé qui reprend du service, tel un ultime pied de nez à une société qui préfère chercher des excuses aux criminels plutôt que de protéger les victimes. Cela nous donne un récit captivant de bout en bout, bourré de scènes cultes, de bonnes idées et qui n’a pas prit une ride.
- En comparaison de la concurrence de l’époque, The Dark Knight Returns reste terriblement d’actualité et l’on comprend, forcément, a quel point ce comic aura révolutionné le genre.
- L’opposition entre Batman et Superman, bien entendu. Là aussi, on n’a jamais fait aussi bien depuis…
- Même le nouveau Robin, une fille, est plutôt crédible alors que je n’en n’attendais rien, c’est pour dire !

Points Négatifs :
- Le style artistique de Frank Miller risque de faire tiquer certains. Bien entendu, c’est une affaire de gouts mais bon, il faut le souligner…
- Comme c’est souvent le cas avec les œuvres que l’on qualifie de cultes, The Dark Knight Returns n’est pas vraiment simple d’accès pour un public plus habituée a des récits super-héroiques plus… comment dire… basiques.

Ma note : 9/10

samedi 23 septembre 2023

All-Star Superman


All-Star Superman
 
Le docteur Leo Quintum et son équipe sont en train d'explorer la surface du soleil. Tout se passe pour le mieux, jusqu'à ce que l'un de ses assistants se révèle être un sbire de Lex Luthor et pire encore : une bombe humaine. Venant de la Terre à grande vitesse, Superman sauve l'équipage de justesse, mais il ne sort pas indemne de ce contact rapproché avec le soleil. D'après les recherches postérieures au sauvetage de Quintum, le super héros est en passe d'acquérir de nouvelles capacités. Mais cela a un coût. En effet, on annonce à Superman que sa mort est proche. De retour sur Terre, Clark ne peut décemment continuer de cacher la vérité sur son identité secrète à Loïs et il lui avoue tout. La journaliste du Daily Planet a du mal à se faire à cette idée... mais devant les démonstrations du kryptonien, le doute n'est plus permis. Il emmène ensuite Loïs dans sa forteresse secrète et lui montre divers objets. Superman conserve même une surprise à la jeune femme : une tenue de super héroïne. Pour son anniversaire, Clark a créé un sérum capable d'octroyer à Loïs les mêmes pouvoirs que les siens, durant une journée entière.
 

All-Star Superman
Scénario : Grant Morrison
Dessins : Frank Quitely
Encrage : Jamie Grant
Couleurs : Jamie Grant
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-héros
Editeur : DC
Titre en vo : All-Star Superman
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : novembre 2005 – octobre 2008
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 07 juin 2013
Nombre de pages : 320

Liste des épisodes
All-Star Superman 1-12
 
Mon avis :
 Je pense ne pas me tromper en affirmant que la meilleure production sur Superman de ces vingt dernières années est, incontestablement, ce All-Star Superman, œuvre du duo Morrison / Quitely, probablement l’un des plus doués de ces dernières décennies – il suffit de ce souvenir de New X-Men pour s’en convaincre. Une œuvre a part, qui n’a pas a se soucier des limites habituelles de la sacrosainte continuité, ce qui donne libre court a Morrison de pouvoir nous proposer sa propre vision du personnage, de sa mythologie, tout en partant d’un postulat de départ qui aurait été impossible dans la série régulière, c’est-à-dire, le fait que Superman, condamner a mort, va mourir, et que cette fois ci, rien ne pourra empêcher cela ! Du coup, comme cette mini-série n’a aucune incidence sur la continuité, les auteurs s’en donnent a cœur joie et disposent d’une liberté absolue sur l’intrigue, ce qui, accessoirement, amènera celle-ci vers des sommets narratifs qui en étonneront plus d’un, même si, il faut le reconnaitre, si vous êtes familier du travail de Morrison, vous serez en terrain familier. Ainsi, comme à son habitude, l’écossais nous offre un scénario oh combien complexe, original et respectueux de la mythologie de son héros du moment : le fan de Superman y retrouvera protagonistes, lieux et événements qui ont jalonné la très longue carrière de ce dernier, et, ma foi, une fois de plus, bien malin sera celui qui découvrira toutes les références – oh combien légions – qui parsèment ces pages. Car oui, et même si ont peut lire ce All-Star Superman tout en étant un néophyte, cette mini-série prend toute sa saveur si l’on connait un tant soit peu le héros et son univers, franchement sublimés tout au long de ces douze épisodes. De plus, en décidant de faire l’impensable, c’est-à-dire, de condamner a mort Superman, Morrison frappe fort et juste, ce qui nous donne un récit touchant par moments. Comme en plus, les dessins sont l’œuvre d’un autre écossais, le sieur Frank Quitely et que ce dernier est plus en forme que jamais, le résultat final de ce All-Star Superman s’avère être à la hauteur de nos espérances, même si, il faut le reconnaitre, par moments, tout cela s’avère être un peu compliquer a suivre – souci qui reviens régulièrement avec Morrison d’ailleurs. Mais bon, au final, All-Star Superman est une excellente mini-série, a la fois respectueuse de la mythologie Superman mais qui réinvente également celle-ci, une belle réussite comme on aimerait en voir plus souvent et qui, accessoirement, nous prouve que libérés du carcan de la continuité, certains auteurs sont capables de se sublimés et de nous pondre de purs chef d’œuvres avec des personnages dont, sincèrement, on n’attendait plus grand-chose tellement on croyait tout connaitre a leurs sujets !
 

Points Positifs
 :
- Sans nul doute le scénario de Grant Morrison qui revisite totalement la mythologie de Superman tout en partant du postulat de départ que ce dernier est condamné a mort et, surtout, que cette fois ci, il ne s’en sortira pas ! C’est osé mais oh combien efficace !
- Comme a chaque fois avec Morrison, son synopsis est bourré d’une multitude de références qui raviront les fans et les spécialistes des comics. D’ailleurs, bien malin qui les retrouvera toutes tellement elles sont nombreuses.
- Une mini-série à lire et, surtout, a relire car c’est justement là que l’on saisit le mieux toute la complexité du scénario.
- Avec Frank Quitely aux dessins, Morrison retrouve son dessinateur fétiche et le résultat est tout bonnement somptueux, l’écossais livrant une prestation à la hauteur de son talent.
- Sur ce point, le traitement fait entre les différences entre Superman et Clark Kent est tout bonnement excellent, tout partant tout simplement d’une question de posture.
- On retrouve bien entendu une foule de personnages familiers comme Lois Lane, Lex Luthor, Jimmy Olsen, etc. Mais les quelques petits nouveaux comme le docteur Leo Quintum, principalement, marquent les esprits.
- Malgré le coté dramatique de la chose – après tout, Superman va mourir – Morrison réussit la gageure de nous pondre certains passages franchement drôles ; d’ailleurs, l’équivalent de la Justice League sur la Planète Bizarro est un pur régal !

Points Négatifs :
- Certes, le néophyte peut se lancer dans la lecture de ce All-Star Superman, cependant, il passera a coté d’énormément de choses s’il n’est pas un familier du super-héros portant fièrement son slip par-dessus son pantalon.
- Comme souvent avec Morrison, pour ne pas dire à chaque fois, le scénario peut s’avérer d’une complexité peu commune. Il faut dire que l’auteur n’a jamais été du genre à faire simple alors qu’il peut faire compliquer…

Ma note : 9/10

mardi 12 septembre 2023

Crisis on Infinite Earths


Crisis on Infinite Earths
 
Sur Terre-3, le Syndicat du Crime aussi bien qu'Alexander Luthor doivent faire face à une menace sans précédent : un mur blanc d'antimatière s'approche à grande vitesse de leur monde et rien ne semble pouvoir l'arrêter. Tous sont impuissants, y compris un homme étrange qui semble être apparu peu avant l'arrivée de la vague et qui disparaît juste avant la destruction de cette Terre. Il y a bien un survivant : Alex Luthor, le fils d'Alexander, propulsé par-delà la vague d'antimatière grâce au génie de son père. Pendant ce temps, dans un étrange vaisseau spatial, un être apparemment surpuissant et déterminé à sauver le multivers charge une jeune femme se nommant Harbinger de partir à la recherche de héros forts afin de les réunir et de combattre la menace venue d'un autre monde. Les héros réunis, l'être se dévoile : il s'agit du Monitor, un être venu de la nuit des temps. Il prévient les héros de la destruction prochaine de notre monde par une vague d'antimatière générée par sa Némésis, l'Anti-Monitor. Hélas, il est peut-être déjà trop tard car Paria, l'homme qui était apparu sur Terre-3, arrive sur Terre-1 et pour son plus grand désespoir, il sait que son apparition sonne le glas pour notre monde.
 

Crisis on Infinite Earths
Scénario : Marv Wolfman
Dessins : George Perez, Paul Ryan
Encrage : Bob Macleod, Tom Mccraw
Couleurs : Carl Gafford, Karl Kesel, Anthony Tollin, Tom Ziuko, Jerry Ordway
Couverture : Alex Ross
Genre : Super-Héros
Editeur : DC
Titre en vo : Crisis on Infinite Earths
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : avril 1985 – mars 1986
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 08 juillet 2016
Nombre de pages : 544

Liste des épisodes
Crisis on Infinite Earths 1-12
Crisis on Infinite Earths – The Untold Story
 
Mon avis :
 Presque quarante ans après sa sortie, j’ai enfin eu l’occasion de lire ce véritable monument du genre comics qu’est Crisis on Infinite Earths, un truc monumental considéré par beaucoup comme le plus grand event de tous les temps, rien que ça ! Il faut dire que le projet en lui-même, a la base, était on ne peut plus ambitieux puisque les pontes de DC, vers le milieu des années 80, soucieux de rendre cohérant leur univers – où, pour rappel, existaient moult versions de certains personnages, tout un tas de Terre parallèles et autres joyeusetés qui ne faisaient que compliquer les choses – décidèrent de, sous couvert d’un énorme event cataclysmique, remettre tout a plat pour que l’on arrive a la fin a une seule Terre, un seul Univers, un seul Superman, etc. La tache fut alors confier au duo Wolfman et Perez, le premier, scénariste de talent qui rêvait depuis des lustres d’inventer une histoire où tous les personnages de l’univers DC apparaitraient, le second, excellent dessinateur au style précis et reconnaissable entre mille et qui fut pour beaucoup pour la réussite du projet. Car bien entendu, le résultat, lui, est connu de tous et oui, en son temps, Crisis on Infinite Earths fut bel et bien le raz de marée attendu, et ce, sans discussions possible – il suffit de le comparer au très médiocre Secret Wars de Marvel paru sensiblement a la même époque et dont le scénario tenait sur un timbre poste pour s’en rendre compte ! Après, bien entendu, il faut tout de même reconnaitre que tout cela est bigrement compliquer a suivre par moments et que oui, a moins d’être un expert absolu de l’univers DC, il vous sera impossible de reconnaitre tous les protagonistes qui apparaissent au fil des pages – et ils sont nombreux vu que Marv Wolfman tenait absolument a que ce soit le cas – de plus, une fois passer, sensiblement, la moitié de l’event et les deux premiers affrontements contre l’Anti-Monitor, il y a comme un certain essoufflement et l’on ne peut s’empêcher de se dire que, quelque part, Crisis aurait peut-être gagner a être un poil plus court – que de temps perdu avec la révolte des vilains de DC… Mais bon, en dehors de cela, comment ne pas reconnaitre le coté grandiloquent de la chose, comment ne pas louer la cohérence scénaristique de l’ensemble ? Des héros meurent, des mondes disparaissent, il y a tout un tas de scènes cultes et un méchant, enfin, a la hauteur et qui représente une menace mortelle – ce qui, mine de rien, n’est pas toujours le cas – et ce, avant qu’a la fin, il n’y ait plus de Multivers et que, en quelque sorte, DC puisse repartir de bonnes bases bien plus saines et, surtout, moins complexes pour le néophyte… Alors certes, il faut lire ce Crisis on Infinite Earths en le remettant dans son contexte et se souvenir que cet event est paru en 1985, que les comics de l’époque étaient fort éloignés de ce qu’ils sont devenus, que oui, il y a énormément de dialogues, de bulles de pensées et que oui, mille fois oui, tout ce petit monde use et abuse d’un langage soutenu qui fera sourire les plus jeunes d’entre nous – et je ne parle pas de certains héros et vilains aux noms ou aux looks complètement ringards de nos jours, surtout que DC a toujours eu le don de nous en pondre des tas ! Tout cela fera que nombreux seront ceux qui n’accrocheront pas a Crisis on Infinite Earths, mais bon, je pense que chaque œuvre appartient a son époque et il ne faut pas oublier que ce qui nous parait excellent et moderne de nos jours apparaitra comme complètement dépassé et ringard dans dix ou vingt ans ; de plus, en toute franchise, pour une œuvre de 1985, je trouve que Crisis n’a pas si mal vieillit que cela, mais bon, ce n’est que mon avis… Quoi qu’il en soit, ne serais-ce que pour son importance dans l’univers de DC et des comics en général mais aussi par le simple fait que oui, il s’agit bel et bien du plus grand event de tous les temps, si vous êtes un amoureux de bande dessinée nord-américaine, alors, vous ne pouvez pas passer a coté de Crisis on Infinite Earths : il se peut que vous ne l’appréciez pas pour tout un tas de raisons, mais bon, certaines œuvres se doivent d’être lues, le reste, ce n’est qu’une affaire de gouts personnels…
 

Points Positifs
 :
- Grandiloquent, audacieux, terriblement inventif, spectaculaire, bourré de bonnes idées, de divers retournements de situations et de tout un tas de scènes cultes, Crisis on Infinite Earths, même s’il n’est pas parfait, est l’exemple même de ce que devrait être un event : un véritable événement qui fera parler de lui des décennies plus tard et pas les pétards mouillés que l’on se coltine depuis trop longtemps a mon gout…
- Scénaristiquement, Marv Wolfman nous livre quelque chose d’énorme où tout, ou presque, est savamment bien pensé et mis en scène.
- Les dessins de George Perez, bien sur. Je ne suis pourtant pas son plus grand fan, mais là, sincèrement, chapeau bas a ce dernier qui dessine l’intégralité des douze épisodes (dont certains sont doubles) avec un souci du détail que l’on ne peut qu’admirer.
- Tous les personnages de l’univers DC sont au rendez vous : certes, souvent, c’est un peu fouillis et la plupart seront de parfaits inconnus a vos yeux – a moins d’être un grand spécialiste de DC – mais bon, ce coté grandiloquent et exagéré n’est pas désagréable, bien au contraire.
- Jamais les héros de DC n’auront eu à faire a une telle menace et oui, l’Anti-Monitor est probablement l’un des vilains les plus puissants qu’il m’a été donné de découvrir dans un comics.
- Supergirl qui meurt en combattant l’Anti-Monitor, Flash qui passe l’arme à gauche lui aussi, pour ne citer que les deux victimes les plus importantes, car ce ne sont pas les seuls… Oui, il y a de la casse dans cet event, et ce, a une époque où les héros ne ressuscitaient pas tout les quatre matins.
- Monitor, Paria, Harbinger, Alex Luthor : ces nouveaux personnages jouent un rôle majeur dans l’intrigue et marquent plutôt les esprits.
- Le premier Superman bien sur, Kal-L : un des protagonistes majeurs de la saga et qui possède une classe incroyable ; accessoirement, il connait une belle fin…
- Accessoirement, le pari de DC de rendre cohérant son univers fut réussi.

Points Négatifs :
- Malheureusement, a moins d’être un expert absolu de l’univers DC, vous passerez a coté de tout un tas de références et la plupart des personnages seront pour vous (comme pour moi) de parfaits inconnus. Le prix a payer pour que tout le monde ait droit a son petit quart d’heure de gloire, certes, mais bon, du coup, ce n’est pas toujours facile a suivre… même si loue la volonté de Marv Wolfman d’avoir fait ce choix.
- Un certain essoufflement scénaristique une fois passé la moitié de l’event : il faut dire que l’on se serait bien passer de la trahison des vilains qui essaient de prendre le contrôle des planètes restantes alors que la menace de la fin du monde est toujours présente… Heureusement que la fin remonte le niveau.
- Il faut reconnaitre que malgré toutes ses qualités, Crisis on Infinite Earths accuse tout de même son age et que oui, bien des lecteurs modernes auront bien du mal avec cet event d’une autre époque : narration omniprésente, gentils très gentils et méchants très méchants, bulles de pensées, dialogues souvent soutenus… oui, une toute autre époque…

Ma note : 9/10

mardi 5 septembre 2023

Kingdom Come


Kingdom Come
 
Les super héros ont, durant de nombreuses années, protégé le monde. Le temps passant, certains justiciers choisirent de laisser la jeune garde prendre le relais. Superman est un de ceux qui a souhaité retourner à une vie paisible, celle d'agriculteur. Cependant, les nouveaux super héros ne se comportent plus de la même façon. Ils ont la main lourde et n'hésitent pas à recourir à la violence. Diana, l'ancienne Wonder Woman, rend visite à Clark Kent, Superman, et lui évoque cette nouvelle situation. Pour elle, la justice disparaît sous la violence. L'ancien protecteur de Metropolis sort alors de sa retraite et demande à ses anciens partenaires, membres de la Ligue de Justice de le rejoindre. Flash, Hawkman et Green Lantern sont les premiers à répondre favorablement. Superman se heurte au refus de Batman, qui dirige à présent Gotham. Qui plus est, Lex Luthor œuvre en sous main pour s'entourer de puissants partenaires...
 

Kingdom Come
Scénario : Mark Waid
Dessins : Alex Ross
Encrage : Alex Ross
Couleurs : Alex Ross
Couverture : Alex Ross
Genre : Super-Héros
Editeur : DC
Titre en vo : Kingdom Come
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : Mai 1996 – Août 1996
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 08 juin 2012
Nombre de pages : 330

Liste des épisodes
Kingdom Come 1-4
 
Mon avis :
 Si, bien évidement, des personnages aussi iconiques que Superman, Batman ou Wonder Woman m’étaient connu depuis mon plus jeune âge, ma toute première entrée en matière avec l’univers DC se fit, il y a bien longtemps, avec la parution, en France, de Kingdom Come. Il faut remonter, il me semble car je peux me tromper, à 1997, j’étais alors bien plus jeune, plus mince et j’avais alors nettement plus de cheveux, et, pour ce qui est des comics, j’étais alors, depuis les années 80 en gros, un grand fan de Marvel et, plus particulièrement, des X-Men. Bien entendu, le peu de matériel DC produit dans nos vertes contrées n’avaient pas aidés ceux de ma génération pour pouvoir, véritablement, connaitre et apprécier cet univers, cependant, si la plupart d’entre nous se sont bien rattrapés par la suite, tandis que Marvel tombait petit a petit dans une décrépitude oh combien navrante, je faisais donc mes premiers pas avec DC par le biais de ce somptueux – et je pèse mes mots – Kingdom Come. Il faut dire que, ici, nous avons affaire a ce que l’on peut qualifier sans problème de chef d’œuvre : voilà donc un futur plus ou moins proche de l’univers DC tel qu’on le connait – même si je ne le connaissait pas alors – avec ces protagonistes familiers mais vieillis et tout un tas de nouvelles têtes, leurs progéniture qui, en toute franchise, ont littéralement pervertit le symbole même de l’héroïsme, leur seul but, finalement, étant de lutter sans fin contre leurs pairs, histoire de passer le temps. Leurs glorieux ainés ? Pour la plupart, ils sont au placard, a la retraite et les quelques rares qui mettent encore la main à la pate, comme Batman, sont plus cyniques que jamais. Et dans ce monde sans espoir qui souffre de ces individus possédant des superpouvoirs qui se prennent pour des dieux, un jour, il y a le combat de trop, le drame de trop et une catastrophe monumentale ravage une partie des Etats-Unis… Voilà donc le postulat de départ de Kingdom Come et, ma foi, si celui-ci vous a attiré, dites vous que le reste, scénarisé par un Mark Waid plus inspiré que jamais et servi par les peintures d’un Alex Ross qui livra ici son premier chef d’œuvre artistique, est encore meilleur et vous entrainera dans un récit plein de bruit et de fureur, apocalyptique, rempli de trahisons, d’alliances improbables, de hauts faits d’armes et qui, entre plusieurs citations de La Bible, nous rappellera, a nous lecteurs de comics, ce qu’est, véritablement, l’héroïsme ! Bien entendu, il faut se replonger dans le contexte de l’époque pour mieux saisir l’importance de ce Kingdom Come : dans les années 90, les héros étaient devenus plus violents, plus cyniques que jamais et le public semblait ne plus vouloir que des antihéros qui n’hésitaient plus à tuer leurs adversaires. Ainsi, des personnages comme Superman ne pouvaient apparaitre que comme étant de vieux ringards d’un autre temps tandis que, chez Marvel, un bourrin comme Cable – du coté des séries mutantes qui tenaient alors la cote des ventes – était alors au summum de son succès – justement, ici, Cable a droit a un véritable sosie, ce qui n’est pas anodin, loin de là. C’est ainsi que Mark Waid et Alex Ross nous proposèrent Kingdom Come et qu’ils nous prouvèrent, de la plus belle des manières, que la violence seule ne peut pas être l’unique solution et que l’héroïsme, le vrai, avec ses valeurs soit disant désuètes, est nécessaire. Je ne vous en dis pas plus afin de ne pas dévoiler des pans de l’intrigue mais une chose est sure, si vous n’avez jamais lu Kingdom Come, n’hésitez pas une seule seconde, cette mini-série est, indéniablement, un des meilleurs comics des années 90, quand aux autres, qui la connaissent déjà et se sont fait leur opinion depuis longtemps, ils la relisent de temps en temps, le plaisir étant toujours au rendez vous…
 

Points Positifs
 :
- Un des plus grands comics DC de l’histoire de la firme, tout simplement, et, indéniablement, une des meilleures mini-séries des années 90. Il faut dire que Kingdom Come est non seulement une œuvre qui aura marqué bien des esprits en son temps, mais qui reste intemporelle et qui est quasiment parfaite de bout en bout. Un pur chef d’œuvre !
- Le travail artistique d’Alex Ross est, tout simplement, somptueux et est une véritable révolution. Il faut dire que son style, proche de la peinture, est magnifique et que l’artiste semble être né pour mettre en valeur les héros iconiques de chez DC.
- Une thématique qui pourrait paraitre simple mais qui n’en reste pas moins excellente : dans un futur proche, alors que les descendants des super-héros ne sont plus qu’une bande de petits cons prétentieux qui passent leur temps à se battre entre eux sans se soucier des civils, que reste-t-il de l’héroïsme à proprement parler, les vieux héros seront-ils capables de sortir de leur retraite afin de sauver les meubles ?
Kingdom Come est une œuvre à remettre dans le contexte de son époque, c’est-à-dire, les années 90, ultraviolentes, bourré d’antihéros qui n’hésitaient plus a tuer et qui tiraient dans tous les sens sans se poser de questions, ringardisant littéralement les vieilles gloires de DC. Or, la grande force de cette mini-série, justement, c’est de prouver que l’héroïsme soit disant vieillot a du bon…
- Le relooking des super-héros est franchement réussi quand aux petits nouveaux, fort nombreux d’ailleurs, ils marquent les esprits. Petite mention à Magog qui est, tout naturellement, le sosie de Cable de chez Marvel, ce dernier étant le symbole du héros des années 90.
- Un des meilleurs Superman qu’il m’a été donné de lire dans un comics.
- Les éditions Urban nous livrent, ici, l’édition ultime de Kingdom Come avec tout un tas de croquis, d’interviews, fort intéressants…

Points Négatifs :
- Je regrette un peu que certains personnages majeurs de chez DC n’apparaissent pas ou très peu, mais bon, c’est histoire de pinailler un peu, bien entendu.
- Les fans absolus d’ultraviolence et d’antihéros bourrés d’épaulettes et de flingues plus grand qu’eux passeront leur chemin…

Ma note : 9,5/10