vendredi 3 juin 2022

Mémoires d'une Geisha


Mémoires d'une Geisha
 
En 1929, une jeune fille d'un village de pauvres pêcheurs du Japon, Chiyo, et sa sœur Satsu sont vendues par leur père à la tenancière d'une maison de geisha. Les deux sœurs sont rapidement séparées et Chiyo se retrouve confrontée à la sévérité de la maîtresse de maison et à la dureté de la vie d'une apprentie geisha. Elle doit également faire face à l'hostilité teintée de jalousie de Hatsumomo, geisha vedette de la maison qui, par ruse, réussit à la faire reléguer au statut de simple servante. Chiyo a perdu tout espoir en l’avenir lorsque, au hasard d'une rencontre, elle est séduite par la gentillesse d'un homme, président d'une entreprise d'électricité, dont elle tombe amoureuse. Elle décide alors de tout faire pour mériter son attention. Fort opportunément, une autre geisha, Mameha, la prend sous son aile et entreprend de lui enseigner les rudiments du métier en devenant sa grande sœur. Grâce à Mameha et aidée de sa détermination, elle devient bientôt, sous le nom de Sayuri, une geisha célèbre et admirée dans tout le Hanamachi.
 

Mémoires d'une Geisha
Réalisation : Rob Marshall
Scénario : Robin Swicord
Musique : John Williams
Production : DreamWorks Pictures, Spyglass Entertainment, Amblin Entertainment
Genre : Drame Romantique
Titre en vo : Memoirs of a Geisha
Pays d’origine : États-Unis
Parution : 29 novembre 2005
Langue d'origine : Anglais, Japonais
Durée : 145 min
 
Casting :
Zhang Ziyi : Chiyo puis Sayuri
Suzuka Ohgo : la jeune Chiyo
Gong Li : Hatsumomo, la rivale
Michelle Yeoh : Mameha, la geisha protectrice
Ken Watanabe : le Président Iwamura Ken
Kōji Yakusho : Nobu, l'associé du Président
Kaori Momoi : O-Kami
Yūki Kudō : O-Kabo ou Pumpkin, la sœur d'Hatsumomo
Zoe Weizenbaum : la jeune Pumpkin
Kenneth Tsang : le général
Karl Yune : Koichi
Ted Levine : le colonel Derricks
Cary-Hiroyuki Tagawa : le Baron
Paul Adelstein : le lieutenant Hutchins
Togo Igawa : Tanaka
Mako : Sakamoto
Samantha Futerman : Satsu, la sœur de Chiyo
Elizabeth Sung : la femme de Sakamoto
Thomas Ikeda : M. Bekku
Randall Duk Kim : le docteur Crab
Shizuko Hoshi : Narration de Sayuri
 
Mon avis :
 Ne trouvant guère l’inspiration, ces jours-ci, sur les diverses plateformes de streaming et pestant inlassablement sur le fait que, de nos jours, une bonne partie des films et des séries que l’on nous propose sont imbibés de wokisme ou sont destinés aux adolescentes, ce fut, totalement par hasard, que je suis tombé sur Mémoires d’une Geisha, long métrage qui date de 2005 – une éternité pour les plus jeunes d’entre nous, une bonne année à mes yeux, pas si lointaine finalement – et que je n’avais, jusque là, pas eu l’occasion de regarder. Du coup, pourquoi pas puisque je suis un vieil amateur de culture nippone – lorsqu’on a été élevé à coup de dessins animés japonais dans les années 80, c’est un peu normal – et que, sans attendre non plus ni monts ni merveilles de ce film, je m’étais dit que, au moins, il me ferait passer un bon moment et, accessoirement, m’entrainerait dans l’univers de ces intrigantes et mystérieuses geishas… Or, dès les premières secondes, un détail me choqua : mes pourquoi parlent-ils donc en anglais ?! Ah, mais oui, Mémoires d’une Geisha est un film américain, bon, pas, tant pis, on va faire avec… Même si, d’entrée de jeu, je n’ai pas put m’empêcher de me dire que pour la subtilité nippone, on repassera et que, qui dit film hollywoodien, dit avalanche de grands sentiments, de scènes convenues et d’autres joyeusetés du même genre… Un peu troublé par l’utilisation de l’anglais alors que le japonais me manquait, vint alors le deuxième problème de ce long métrage : les actrices principales sont des… chinoises ! Ah bah oui, mais c’est logique que dans un film traitant des geishas, un des symboles nippons les plus évidents et se déroulant au Japon – forcément – les rôles principaux soient tenus par des chinoises… Alors bien entendu, vous me direz qu’il ne s’agit pas de n’importe qui, que nous avons affaire, tout de même, a Zhang Ziyi, Gong Li et Michelle Yeoh – qui, pour la petite histoire, est malaisienne mais dont les parents sont chinois – bref, un casting cinq étoiles, c’est un fait ! Mais vous allez me faire croire que nos amis américains ne pouvaient pas trouver des actrices nippones pour leurs rôles principaux, surtout qu’ils l’ont fait pour le casting masculin et pour les seconds rôles ?! Bon, je sais, vous allez me dire que c’est un détail et que j’exagère un peu… oui, comme le public chinois et japonais qui n’apprécia guère la chose – on se demande pourquoi !? Arrivé là, on en arrive au troisième problème de ce film qui, en fait, n’est que la conséquence du premier : le romantisme dégoulinant. Eh oui, si Mémoires d’une Geisha avait été un film nippon, sans nul doute que nous aurions eu droit à une œuvre plus crue, plus dure mais plus en phase avec la réalité… mais comme c’est un film américain, nous avons affaire à un film terriblement conventionnel, romantique et où le coté dramatique n’est pas crédible pour un sou puisque l’on se doute bien que l’on aura droit à un happy-end. Bref, on se croirait presque dans un long métrage de Spielberg lorsque ce dernier n’est pas inspiré et qu’il nous offre du grand spectacle, des beaux décors, un casting cinq étoiles mais un scénario qui sent le déjà-vu… Tout cela est fort dommage car Mémoires d’une Geisha n’est pas un mauvais film, loin de là, mais bon, à un moment donné, ses défauts, ses fautes de gouts, ses choix hasardeux font que la sauce ne prend jamais et que l’on se retrouve, au final, avec un film qui se laisse regarder mais qui déçoit plus qu’autre chose. Dommage au vu de la thématique proposée mais bon, à un moment donné, quand on souhaite parler de certains sujets, autant laisser faire les personnes concernées…
 

Points Positifs
 :
- Malgré ses nombreux défauts, Mémoires d’une Geisha reste un film qui se laisse regarder et qui peut plaire à un certain public peut-être un peu moins regardant sur certains détails qui, selon moi, ont leur importance. Naturellement, le savoir faire américain pour nous pondre des œuvres à grand spectacle y est pour beaucoup.
- Même si le choix du casting principal est contestable, il faut reconnaitre que Zhang Ziyi, Gong Li et Michelle Yeoh, ce n’est pas n’importe qui et que nous avons tout de même affaire à un beau trio d’actrices. Quand aux seconds rôles et le casting masculin, plus marqué nippon, reconnaissons qu’il est lui aussi de qualité.
- Une esthétique de toute beauté et une reconstitution du Japon des années 30 et 40 qui nous donnent l’impression d’avoir remonté le temps.
 
Points Négatifs :
- Mais quel dommage que Mémoires d’une Geisha ne soit pas un film japonais, on aurait évité le fait qu’il soit terriblement conventionnel, d’un romantisme dégoulinant et le fait qu’il soit totalement calibré pour le grand public, au point même qu’il en devienne caricatural…
- Même si Zhang Ziyi, Gong Li et Michelle Yeoh sont de grandes actrices, vous trouvez normal que pour un film se déroulant au Japon et traitant des geishas, on choisisse des chinoises ?! Il n’y a pas d’actrices nippones de qualité ? C’était la solution de facilité de nous pondre un casting connu des occidentaux et qui attirerait le spectateur ?!
- Un scénario convenu, qui sent le déjà-vu à plein nez et sans grande surprise. Bien entendu, histoire d’enfoncer le clou, nous avons droit à un happy-end.
- L’utilisation de l’anglais au lieu du japonais m’aura gêné tout au long du film même si je comprends pourquoi c’est ainsi…
- Il n’est pas un peu pédophile notre ami le président tout de même !?
 
Ma note : 6,5/10

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