dimanche 24 septembre 2023

Akira – Tome 3


Akira – Tome 3
 
Alors que Tetsuo se tord de douleur à cause de sa blessure au bras, il voit le rayon laser tiré depuis l’espace s’abattre sur lui. L’explosion qui s’en suit est terrible, il y a peu de chance que le jeune homme ait survécu. Le colonel, abattu, ne regarde pas les écrans de surveillance et se contente d’entendre les scientifiques qui ne constatent plus un seul signe de vie. Akira n’est visible nulle part, mais il y a de grandes chances qu’il soit encore vivant. En ville, c’est la pagaille : des pillages ont lieu un peu partout, et les machines de la police tentent de neutraliser les malfaiteurs en tirant dessus. L’état d’urgence national est prononcé, la répression est mise en place, rien ne va plus...
 

Akira – Tome 3
Scénariste : Katsuhiro Otomo
Dessinateur : Katsuhiro Otomo
Genre : Seinen
Type d'ouvrage : Fantastique, Anticipation
Titre en vo : Akira – vol 3
Parution en vo : 01 septembre 1986
Parution en vf : 26 mars 2018
Langue d'origine : Japon
Editeur : Glénat
Nombre de pages : 296
 
Mon avis :
 Indéniablement, ce troisième volume de Akira, le manga culte de Katsuhiro Otomo et peut-être un des meilleurs du genre, voir de l’histoire de la bande dessinée tout court, marque un tournant dans le déroulement de la saga. En effet, il y a un avant et un après lorsque l’on parvient aux dernières pages de cet album et si jusque là, l’intrigue se déroulait dans un Neo-Tokyo plus ou moins futuriste, bref, dans un paysage urbain familier, après la destruction de la mégalopole, la suite, elle, aura lieue dans un univers post-apocalyptique qui changera la donne visuelle de belle manière. Mais nous n’en sommes pas encore là dans ce troisième volume et, justement, celui-ci est surtout marquer par la chasse lancée a l’encontre du fameux Akira, jeune enfant, en apparence, tout juste réveiller par Tetsuo dans le volume précédent. Plusieurs factions sont sur ses traces : l’armée, bien entendu, les rebelles de Nezu, Lady Miyako qui envoi trois jeunes filles dotées de pouvoirs et, bien entendu, nos héros, Kaneda et Kei. Forcément, tout cela nous entraine dans une formidable course poursuite faite de chassées croisées et de nombreux retournements de situations, le tout tandis qu’a lieu un coup d’état. A la lecture, c’est captivant de la première a la dernière page et sur ce point, force est de constater que Katsuhiro Otomo maitrise a merveille le rythme de l’intrigue. Le final, apocalyptique, qui voit la destruction de Neo-Tokyo et qui entraine la mort de millions de personnes marque naturellement les esprits, surtout que quelques protagonistes importants passent eux aussi de vie a trépas dans ce tome et sur les dernières pages, lorsque Tetsuo, totalement absent jusque là, retrouve Akira, le lecteur comprend rapidement qu’il est arrivé a un tournant de la saga et que celle-ci, désormais, va prendre une tournure fort différente…
 

Points Positifs
 :
- Comme dans le second tome, nous avons une fois de plus affaire, principalement, à une gigantesque course poursuite, mais, ici, ce n’est plus Tetsuo qui est pourchassé mais Akira, réveiller par ce dernier et dont le sort intéresse tout un tas d’individus et de factions différentes. De même, ici, on voit davantage du pays puisque cette chasse à l’homme a lieu en pleine ville et non dans une base militaire.
- Le plaisir, pour le lecteur, de retrouver la suite d’une saga extraordinaire et quasiment sans défauts, de connaitre le sort des nombreux protagonistes, le déroulement d’une intrigue toujours aussi passionnante…
- Bien évidement, et ce n’est pas une surprise, pour ce qui est des dessins, c’est tout simplement excellent pour ne pas dire magnifique sur certaines planches. Katsuhiro Otomo, dans Akira, n’était pas qu’un scénariste génial mais également un artiste fort doué !
- Certains protagonistes majeurs perdent la vie dans ce volume, comme Takashi, ce qui entraine la destruction de Neo-Tokyo par Akira. Mais il y a aussi quelques petits nouveaux qui font leur apparition et qui marquent les esprits, je veux bien évidement parler de Sakaki, jeune fille doté de pouvoirs et œuvrant pour Lady Miyako.
- La destruction de Neo-Tokyo qui conclut cet album et qui marque un sacré tournant dans le déroulement de l’intrigue. Si celle-ci est naturellement apocalyptique, c’est la manière dont elle amené – Otomo nous montre quelques scènes de la vie quotidienne d’individus qui vont mourir – qui fait le plus froid dans le dos.
- Une édition en noir et blanc tout simplement excellente !

Points Négatifs :
- Les temps d’attente entre la parution de chaque volume – un album par an – alors que ce n’est qu’une énième réédition !? Il ne faut pas se moquer du monde !
- Comme je l’ai déjà dit, a moins d’être un inconditionnel de la version couleur…

Ma note : 9,5/10

samedi 23 septembre 2023

All-Star Superman


All-Star Superman
 
Le docteur Leo Quintum et son équipe sont en train d'explorer la surface du soleil. Tout se passe pour le mieux, jusqu'à ce que l'un de ses assistants se révèle être un sbire de Lex Luthor et pire encore : une bombe humaine. Venant de la Terre à grande vitesse, Superman sauve l'équipage de justesse, mais il ne sort pas indemne de ce contact rapproché avec le soleil. D'après les recherches postérieures au sauvetage de Quintum, le super héros est en passe d'acquérir de nouvelles capacités. Mais cela a un coût. En effet, on annonce à Superman que sa mort est proche. De retour sur Terre, Clark ne peut décemment continuer de cacher la vérité sur son identité secrète à Loïs et il lui avoue tout. La journaliste du Daily Planet a du mal à se faire à cette idée... mais devant les démonstrations du kryptonien, le doute n'est plus permis. Il emmène ensuite Loïs dans sa forteresse secrète et lui montre divers objets. Superman conserve même une surprise à la jeune femme : une tenue de super héroïne. Pour son anniversaire, Clark a créé un sérum capable d'octroyer à Loïs les mêmes pouvoirs que les siens, durant une journée entière.
 

All-Star Superman
Scénario : Grant Morrison
Dessins : Frank Quitely
Encrage : Jamie Grant
Couleurs : Jamie Grant
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-héros
Editeur : DC
Titre en vo : All-Star Superman
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : novembre 2005 – octobre 2008
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 07 juin 2013
Nombre de pages : 320

Liste des épisodes
All-Star Superman 1-12
 
Mon avis :
 Je pense ne pas me tromper en affirmant que la meilleure production sur Superman de ces vingt dernières années est, incontestablement, ce All-Star Superman, œuvre du duo Morrison / Quitely, probablement l’un des plus doués de ces dernières décennies – il suffit de ce souvenir de New X-Men pour s’en convaincre. Une œuvre a part, qui n’a pas a se soucier des limites habituelles de la sacrosainte continuité, ce qui donne libre court a Morrison de pouvoir nous proposer sa propre vision du personnage, de sa mythologie, tout en partant d’un postulat de départ qui aurait été impossible dans la série régulière, c’est-à-dire, le fait que Superman, condamner a mort, va mourir, et que cette fois ci, rien ne pourra empêcher cela ! Du coup, comme cette mini-série n’a aucune incidence sur la continuité, les auteurs s’en donnent a cœur joie et disposent d’une liberté absolue sur l’intrigue, ce qui, accessoirement, amènera celle-ci vers des sommets narratifs qui en étonneront plus d’un, même si, il faut le reconnaitre, si vous êtes familier du travail de Morrison, vous serez en terrain familier. Ainsi, comme à son habitude, l’écossais nous offre un scénario oh combien complexe, original et respectueux de la mythologie de son héros du moment : le fan de Superman y retrouvera protagonistes, lieux et événements qui ont jalonné la très longue carrière de ce dernier, et, ma foi, une fois de plus, bien malin sera celui qui découvrira toutes les références – oh combien légions – qui parsèment ces pages. Car oui, et même si ont peut lire ce All-Star Superman tout en étant un néophyte, cette mini-série prend toute sa saveur si l’on connait un tant soit peu le héros et son univers, franchement sublimés tout au long de ces douze épisodes. De plus, en décidant de faire l’impensable, c’est-à-dire, de condamner a mort Superman, Morrison frappe fort et juste, ce qui nous donne un récit touchant par moments. Comme en plus, les dessins sont l’œuvre d’un autre écossais, le sieur Frank Quitely et que ce dernier est plus en forme que jamais, le résultat final de ce All-Star Superman s’avère être à la hauteur de nos espérances, même si, il faut le reconnaitre, par moments, tout cela s’avère être un peu compliquer a suivre – souci qui reviens régulièrement avec Morrison d’ailleurs. Mais bon, au final, All-Star Superman est une excellente mini-série, a la fois respectueuse de la mythologie Superman mais qui réinvente également celle-ci, une belle réussite comme on aimerait en voir plus souvent et qui, accessoirement, nous prouve que libérés du carcan de la continuité, certains auteurs sont capables de se sublimés et de nous pondre de purs chef d’œuvres avec des personnages dont, sincèrement, on n’attendait plus grand-chose tellement on croyait tout connaitre a leurs sujets !
 

Points Positifs
 :
- Sans nul doute le scénario de Grant Morrison qui revisite totalement la mythologie de Superman tout en partant du postulat de départ que ce dernier est condamné a mort et, surtout, que cette fois ci, il ne s’en sortira pas ! C’est osé mais oh combien efficace !
- Comme a chaque fois avec Morrison, son synopsis est bourré d’une multitude de références qui raviront les fans et les spécialistes des comics. D’ailleurs, bien malin qui les retrouvera toutes tellement elles sont nombreuses.
- Une mini-série à lire et, surtout, a relire car c’est justement là que l’on saisit le mieux toute la complexité du scénario.
- Avec Frank Quitely aux dessins, Morrison retrouve son dessinateur fétiche et le résultat est tout bonnement somptueux, l’écossais livrant une prestation à la hauteur de son talent.
- Sur ce point, le traitement fait entre les différences entre Superman et Clark Kent est tout bonnement excellent, tout partant tout simplement d’une question de posture.
- On retrouve bien entendu une foule de personnages familiers comme Lois Lane, Lex Luthor, Jimmy Olsen, etc. Mais les quelques petits nouveaux comme le docteur Leo Quintum, principalement, marquent les esprits.
- Malgré le coté dramatique de la chose – après tout, Superman va mourir – Morrison réussit la gageure de nous pondre certains passages franchement drôles ; d’ailleurs, l’équivalent de la Justice League sur la Planète Bizarro est un pur régal !

Points Négatifs :
- Certes, le néophyte peut se lancer dans la lecture de ce All-Star Superman, cependant, il passera a coté d’énormément de choses s’il n’est pas un familier du super-héros portant fièrement son slip par-dessus son pantalon.
- Comme souvent avec Morrison, pour ne pas dire à chaque fois, le scénario peut s’avérer d’une complexité peu commune. Il faut dire que l’auteur n’a jamais été du genre à faire simple alors qu’il peut faire compliquer…

Ma note : 9/10

vendredi 22 septembre 2023

Homeland – Saison 7


Homeland – Saison 7
 
Carrie vit chez sa sœur Maggie à Washington, avec sa fille Frannie. Une crise majeure est en cours au sein des services secrets. Saul fait partie des agents fédéraux arrêtés et emprisonnés après la tentative d'assassinat menée contre Elizabeth Keane, fraîchement élue mais déjà controversée. L'administration de la présidente est sous surveillance et Carrie refuse de rester inactive, puisant dans ses ressources personnelles pour continuer sa mission de contre-espionnage et découvrir qu'une menace plus insidieuse compte profiter du climat de tension dans le pays pour le détruire de l'intérieur.
 

Homeland – Saison 7
Réalisation : Michael Cuesta, Clark Johnson et Jeffrey Nachmanoff
Scénario : Howard Gordon, Alex Gansa, Gideon Raff
Musique : Sean Callery
Production : Teakwood Lane Productions, Cherry Pie Productions, Keshet Films, Fox 21 et Showtime Originals
Genre : Série dramatique, thriller psychologique
Titre en vo : Homeland – Season 7
Pays d’origine : États-Unis
Chaîne d’origine : Showtime
Diffusion d’origine : 11 février 2018 – 29 avril 2018
Langue d'origine : anglais
Nombre d’épisodes : 12 x 50 minutes

Casting :
Claire Danes : Carrie Mathison
Elizabeth Marvel : Présidente Elizabeth Keane
Linus Roache : David Wellington
Maury Sterling : Max Pietrowski
Morgan Spector : Dante Allen
Mandy Patinkin : Saul Berenson
Jake Weber : Brett O'Keefe
Amy Hargreaves : Maggie Mathison
Courtney Grosbeck : Josie Mathison
Dylan Baker : Sénateur Sam Paley
Mackenzie Astin : Bill Dunn
Sandrine Holt : Simone Martin
Lesli Margherita : Sharon Aldright
Costa Ronin : Yevgeny Gromov
Ellen Adair : Janet Bayne
Claire et McKenna Keane : Frances « Franny » Mathison
Matt Servitto : Agent spécial Maslin
Sakina Jaffrey : Dr Meyer
David Maldonado : Bo Elkins
Colton Ryan : J.J. Elkins
James D'Arcy : Thomas Anson
William Popp : Stein
Clé Bennett : Dominique « Doxie » Marquis
Ari Fliakos : Carter Bennet
Catherine Curtin : Sandy Langmore
Peter Vack : Clint Prower
Beau Bridges : Vice-président Ralph Warner
Elya Baskin : Viktor
Merab Ninidze : Colonel Sergei Mirov
Damian Young : Jim
Robert Knepper : Général Jamie McClendon
Barbara Rosenblat : le Procureur général Hoberman
Frederic Lehne : General Rossen
Mark Ivanir : Ivan Krupin
Jennifer Ferrin : Charlotte
Thomas G. Waites : Clayton
Adrienne C. Moore : Rhonda
Marin Hinkle : Christine Lonas
F. Murray Abraham : Dar Adal
Geoff Pierson : Sénateur Richard Eames
 
Mon avis :
 Comme chacun sait, ou, du moins, les fans de la série, la sixième saison de Homeland avait marqué les esprits par de multiples raisons : pour le retour de l’intrigue du coté des Etats-Unis, pour la disparition brutale et oh combien traumatisante de l’un des protagonistes majeurs de la saga, Peter Quinn – snif – mais aussi, et surtout, pour la justesse d’un scénario qui abandonnait enfin la problématique terroriste pour la manipulation des agences gouvernementales et de l’information, en général. Du coup, c’était avec un certain intérêt que je me suis plonger dans le visionnage de cette septième saison de Homeland, histoire de voir ce que les scénaristes allaient nous concocter dans cette suite qui, par beaucoup de cotés, pointeraient du doigt l’Amérique récente, c’est-à-dire, celle de Donald Trump, des Fake News et de l’ingérence de certains pays – qui a dit la Russie ? Et, en toute sincérité, la réussite est au rendez vous. Alors bien entendu, ce n’est pas vraiment une surprise et si vous êtes un familier de Homeland, vous serez en terrain familier et retrouverez avec joie à la fois des personnages familiers – Carrie, Saul – d’autres qui le sont devenus – la présidente Keane – mais aussi une ambiance, une crédibilité qui, en sept saisons, sont toujours au rendez vous. Mais là où cette nouvelle saison fait mouche, selon moi, c’est par ses premiers épisodes, ceux qui mettent particulièrement en avant la manipulation médiatique, la manière dont n’importe quel gouvernement démocratique ne peut lutter contre la propagation de Fake News et comment ceux qui sont derrière celles-ci – que ce soit de simples individus ou même des pays – peuvent faire croire tout et n’importe quoi a un public de masse, peu cultivé et qui représente un terreau fertile pour la manipulation. Bien entendu, voir cette septième saison de Homeland, en septembre 2022, risque de vous faire penser à certains événements qui ont lieu en France il y a de cela quelques années et aux fameux Gilets Jaunes, les fameux révolutionnaires en herbe qui ont fait tellement plaisir au Rassemblement National et la France Insoumise – avec, la Russie et Steve Bannon derrière ? J’exagère ? Hum, disons que les points communs sont nombreux, pour ne pas dire flagrants… mais bon, quoi qu’il en soit, même si cette septième saison de Homeland n’est pas la meilleure de la saga depuis ses débuts, force est de constater qu’elle réussit a maintenir non seulement un niveau d’intérêt particulièrement élevé et, surtout, a s’inspirer à merveille de notre époque actuelle. Alors, que demander de plus ?
 

Points Positifs
 :
- Sept saisons déjà et Homeland n’a rien perdu de son intérêt ! Il faut dire qu’en pointant du doigt la manipulation médiatique, la guerre de l’information, les Fake News et les ingérences de puissances étrangères, les scénaristes ont vu juste a plus d’un titre : cela nous change du terrorisme islamiste et, surtout, cela colle parfaitement bien à l’actualité récente !
- Davantage que Carrie ou Saul sur lesquels il n’y aurait presque plus rien à dire de véritablement nouveau, c’est la présidente Keane qui marque le plus les esprits. Il faut dire que toute la partie politique avec les manipulations qui l’entourent et passionnante.
- Une saison qui est fortement inspirée de l’Amérique de Trump, bien entendu, mais qui possède tellement de points communs avec la France des Gilets Jaunes…
- Un final étonnant mais assez logique et réussi.
- Pour ce qui est des acteurs, comme d’habitude, il n’y a rien à dire, ceux-ci étant tous simplement excellents dans leurs rôles respectifs.

Points Négatifs :
- Curieusement, je n’ai pas spécialement accroché aux problèmes de Carrie avec sa maladie, sa fille, sa famille. Il faut dire que, comme je l’ai déjà souligné, on en a un peu fait le tour avec elle…
- Bon, c’est franchement exagéré l’opération à Moscou, il faut le reconnaitre.
- Vraiment dommage que Brett O’Keefe n’ai pas un plus grand rôle ; les premiers épisodes, où il intervient, sont tout particulièrement jouissifs !

Ma note : 7,5/10

jeudi 21 septembre 2023

Le Cycle des Robots – Les Cavernes d'Acier


Le Cycle des Robots – Les Cavernes d'Acier
 
L'assassinat du docteur Sarton à Spacetown jette le trouble dans la communauté. Qui aurait intérêt à faire disparaître celui-là même qui milite pour le rapprochement entre Terriens et Spaciens ? Les Médiévalistes, qui ne voient pas d'un très bon œil la prolifération des robots ? Les Spaciens eux-mêmes, prêts à tout pour conserver leurs privilèges ? Le problème du détective Baley, toutefois, n'est pas seulement de retrouver un meurtrier, mais aussi et surtout d'y parvenir avant son collègue robot R Daneel. Car celui-ci est l'un de ces androïdes au cerveau électronique ultra-perfectionné, créés certes par l'homme, mais qui n'attendent peut-être que l'occasion de prendre sa place...
 

Le Cycle des Robots – Les Cavernes d'Acier
Auteur : Isaac Asimov
Type d'ouvrage : Science-Fiction
Première Parution : 04 février 1954
Edition Française : 23 septembre 2012
Titre en vo : The Caves of Steel
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Jacques Brécard
Editeur : Folio SF
Nombre de pages : 374
 
Mon avis : 
Troisième volet du célèbre Cycle des Robots, Les Cavernes d’Acier marque, indéniablement, un tournant majeur dans celui-ci puisque, si les deux premiers tomes n’étaient qu’un assemblage de nouvelles qui nous faisaient découvrir les premières années de la cohabitation entre l’Homme et le Robot, avec ce troisième ouvrage qui, accessoirement, est un véritable roman, Asimov nous fait faire un important bond dans le temps et nous présente, pour la toute première fois, les deux protagonistes qui seront les figures majeures de la suite du cycle : Elijah Baley et Daneel Olivaw. Le premier est un inspecteur de police new-yorkais, le second, lui, un robot, le plus perfectionné de son temps – au point même qu’il a une apparence totalement humaine – d’origine Spaciens, d’anciens humains qui ont coloniser les planètes proches et qui ont été en guerre avec les terriens. Le duo, plutôt imposé, doit résoudre l’énigme entourant un meurtre, celui d’un Spacien, sous couvert de crise interplanétaire entre les habitants des étoiles et les terriens, ces derniers détestant cordialement les premiers mais aussi, les robots… Vous vous en doutez, le principal intérêt des Cavernes d’Acier est de nous faire suivre l’enquête des deux compères, cependant, si la résolution de l’énigme n’est pas dénuée d’intérêt, loin de là – même s’il faut se faire au style d’Asimov qui privilégie les dialogues a l’action – le plus fascinant, dans ce roman, est la société terrestre que nous présente l’auteur : véritable dystopie proche d’un communisme avec un système de castes, celle-ci nous montre une humanité qui vit, uniquement, dans des mégalopoles gigantesques enterrées dans le sol. L’idée se révèle être intéressante puisque Asimov en profite pour nous dévoiler toutes les tares  de cette société et de ses habitants : agoraphobie, crainte d’être déclassé, haine de l’autre et de tout ce qui est différent, etc. Ainsi, dans Les Cavernes d’Acier, entre des émeutes anti-robots et les agissements des Médiévistes – des rêveurs qui regrettent l’ancien temps – notre duo d’enquêteurs aura fort à faire pour résoudre l’énigme du meurtre d’une personnalité Spaciens, quand au lecteur, lui, s’il sait passer outre le fait que ce roman accuse son age, force est de constater qu’il passera un très bon moment de lecture, ce, en attendant la suite des enquêtes d’Elijah Baley et de Daneel Olivaw…
 

Points Positifs
 :
- Tournant majeur dans Le Cycle des Robots, Les Cavernes d’Acier est le premier volet où apparaissent Elijah Baley et Daneel Olivaw, sans aucun doute, deux des protagonistes majeurs de l’intégralité des œuvres d’Asimov. Qui plus est, ici, l’auteur abandonne le format compilation de nouvelles pour le roman, ce qui est une très bonne chose.
- Le duo composé par nos deux enquêteurs est, tout bonnement, génial  et l’évolution de leurs relations, au fil de l’histoire, est plutôt bien trouvée.
- La société futuriste proposée par Isaac Asimov est, tout simplement, fascinante : imaginez une humanité sclérosée, plutôt communiste, vivant dans de gigantesques citées sous-terraines, avec tout un tas de craintes comme celle du déclassement de caste et d’autres joyeusetés du même genre… Bref, une très bonne dystopie.
- Peur de l’autre, de tout ce qui est différent, de ces humains vivant sur d’autres planètes, des robots ; l'idéologie conservatrice de l'Homme est ici dénoncée.
- Le coté thriller, sans être génial, il faut le reconnaitre, n’en reste pas moins suffisamment intéressant pour éveiller la curiosité du lecteur jusqu’au bout.

Points Négatifs :
- Il faut reconnaitre que ce roman accuse un peu son âge – sensiblement sept décennies – et, par la force des choses, le lecteur moderne risque de tiquer devant ce récit qui lui apparaitra, probablement, un peu singulier dans sa structure – prédominance des dialogues, quasiment aucune description, protagonistes peu développés. Cela, bien entendu, pourra déplaire a une partie du public, ce qui est dommage selon moi…
- On sourie, par moments, devant certains détails du futur proposé par Asimov. Mais bon, cela est normal pour, quasiment, tous les auteurs de science-fiction qui, tôt ou tard, se voient totalement dépassés par la propre évolution humaine.

Ma note : 8/10

mercredi 20 septembre 2023

Between the Buttons


Between the Buttons
 
The Rolling Stones
 
1 - Let's Spend the Night Together (Jagger, Richards) 3:36
2 - Yesterday's Papers (Jagger, Richards) 2:04
3 - Ruby Tuesday (Jagger, Richards) 3:17
4 - Connection (Jagger, Richards) 2:08
5 - She Smiled Sweetly (Jagger, Richards) 2:44
6 - Cool, Calm And Collected (Jagger, Richards) 4:17
7 - All Sold Out (Jagger, Richards) 2:17
8 - My Obsession (Jagger, Richards) 3:17
9 - Who's Been Sleeping Here? (Jagger, Richards) 3:55
10 - Complicated (Jagger, Richards) 3:15
11 - Miss Amanda Jones (Jagger, Richards) 2:47
12 - Something Happened to Me Yesterday (Jagger, Richards) 4:55
 

Between the Buttons
Musicien : The Rolling Stones
Parution : 20 janvier 1967
Enregistré : 3 août 1966 – 13 décembre 1966
Durée : 38:51
Genre : Rock, Rock psychédélique, Pop
Producteur : Andrew Loog Oldham
Label : Decca/ABKCO
 
Musiciens :
Mick Jagger : chant, percussions, harmonica, claviers
Brian Jones : guitare, piano, orgue, accordéon, vox bijou (dulcimer électrique), percussions, vibraphone, flûte à bec, harmonica, trompette, saxophone, clarinette, chant
Keith Richards : guitare, chant, basse, violoncelle, piano, orgue, kazoo
Charlie Watts : batterie, percussions
Bill Wyman : basse, contrebasse, percussions, violoncelle, claviers
Nicky Hopkins : piano
Jack Nitzsche : piano, clavecin, percussions
Ian Stewart : piano, orgue
 
Mon avis :
 Faisant suite à l’excellent Aftermath, paru l’année précédente et que l'on peut qualifier comme étant le premier chef d'œuvre du groupe, Between the Buttons souffre, encore aujourd’hui, de la comparaison, certains n’hésitant pas a affirmer, le plus sérieusement du monde, que cet opus serait une demi-déception, or, une fois de plus, les choses sont un peu plus compliquées qu’on pourrait le penser. Car déjà, Between the Buttons est un bon, que dis-je, un sacré bon disque… bon, certes, il est inférieur a son prédécesseur, Aftermath, mais ce dernier ayant placé la barre très haut, ce n’est pas forcément un défaut surtout lorsque l’on prend la peine d’écouter les douze compositions qui parsèment cet album, certaines étant tout simplement excellentes. Ainsi, même en faisant l’impasse sur les mégas tubes que sont Let's Spend the Night Together et Ruby Tuesday, présentes sur l’édition américaine mais absentes de l’anglaise, hors-concours, ne serais-ce que pour des titres comme Connection, Complicated, Cool, Calm And Collected ou le très satyrique Miss Amanda Jones, pour ne citer que quelques exemples, ce sont des Stones au top de leur forme, malgré les apparences – voir la pochette où nos cinq cailloux sont complètement défoncés – auxquels on a droit. Et puis, il y aussi un titre plutôt incongrue avec ses sonorités de cirque mais oh combien réussi, Something Happened to Me Yesterday, où Richards chante en duo avec Jagger tandis qu’un Brian Jones plus vif que jamais joue tous les instruments de l’orchestre… d’ailleurs, puisque je parle du loup, comment ne pas reconnaitre l’immense talent du sieur Jones, véritable homme orchestre qui apporta tant aux premières années du groupe et qui, dans cet album, métissait encore de fort belle manière le son du groupe ?! Alors certes, Between the Buttons n’est pas un grand album des Stones et oui, ils firent mieux avant et après – mais infiniment pire depuis – mais cependant, il n’en reste pas moins bon, très bon même, et, accessoirement, parfaitement représentatif de ce qu’était les Stones à l’époque, c’est-à-dire, un groupe qui évoluait de plus en plus, sortant des limites trop strictes du blues, pour aborder, et de belles manières, une pop enjouée et plus inventive. Bref, un opus à posséder si ce n’est pas déjà fait !
 

Points Positifs
 :
- Between the Buttons est un bon album, de moins en moins blues, de plus en plus pop et qui voit nos cinq cailloux se diversifier musicalement de plus en plus, surtout par le biais d’un Brian Jones en état de grâce.
- Du coup, les titres rock alternent avec les titres pops, le tout étant agréablement métissé par l’usage d’instruments variés voir improbables au vu des précédents albums du groupe.
- Brian Jones, comme je l’ai déjà dit, qui joue d’une multitude d’instruments et qui, il faut le reconnaitre, était vraiment un musicien fort talentueux et génial. Dommage que les drogues…
- Let's Spend the Night Together et Ruby Tuesday, sur l’édition américaine et CD.
- Something Happened to Me Yesterday pour son ambiance cirque et pour son duo entre Jagger et Richards.
- Pas mal de renforts de poids au piano – et ça s’entend – comme Nicky Hopkins, Jack Nitzsche et Ian Stewart. Oui, les Stones n’ont jamais été véritablement cinq seulement…
- La pochette, bien sur, avec nos cinq Stones complètements défoncés !
 
Points Négatifs :
- Malgré un ensemble cohérent, pas mal de bonnes chansons, il est évidant que ce Between the Buttons reste inférieur a son prédécesseur, Aftermath. Un très bon album, certes, mais pas un grand album.
- Les différences entre les versions britanniques et américaines, ce qui fait qu’il manque des titres suivant la version que l’on possède. Cette façon de faire, typique de l’époque, était tout de même débile !
 
Ma note : 8/10

mardi 19 septembre 2023

Chanson Douce


Chanson Douce
 
Myriam, mère de deux enfants, décide de reprendre son emploi au sein d'un cabinet d'avocats, contre l'avis de son mari. Le couple se met malgré tout à la recherche d'une nourrice. Après l'audition de quelques personnes, ils engagent finalement Louise. Celle-ci va très vite se faire apprécier des enfants et va progressivement occuper une place centrale, voire dérangeante, au sein de la famille.
 

Chanson Douce
Réalisation : Lucie Borleteau
Scénario : Lucie Borleteau, Jérémie Elkaïm et Maïwenn d'après le roman de Leïla Slimani
Musique : Pierre Desprats
Production : Why Not Productions et Pan-Européenne
Genre : Drame
Titre en vo : Chanson Douce
Pays d'origine : France
Langue d'origine : français
Date de sortie : 27 novembre 2019
Durée : 100 mn

Casting :
Karin Viard : Louise
Leïla Bekhti : Myriam
Antoine Reinartz : Paul
Noëlle Renaude : Sylvie, la mère de Paul
Assya Da Silva : Mila
Rehab Mehal : Wafa
Laure Giappiconi : l'institutrice
Claire Dumas : la boulangère
Sarah Suco : amie au dîner
Guilhem Amesland : ami au dîner
Jérémie Elkaïm : ami au dîner
Thomas De Pourquery : ami à la fête
Thomas Scimeca : ami à la fête
Edward Perraud : ami à la fête
Céline Fuhrer : amie à la fête
Valentine Carette : amie à la fête
Ange Chargé : ami à la fête
Léo Blandino : le magicien
Robert Cantarella : le père de Paul
Garbo Pecorari : Alphonse
Martine Chevallier : la dame du parc
Barnabé Perrotey : l'homme de la rue
 
Mon avis :
Incontestablement, avec Chanson Douce, long métrage de Lucie Borleteau tiré d’un roman de Leïla Slimani, lui-même inspiré d’un fait divers qui eut lieu à New-York au début des années 2010, nous avons affaire à un long métrage qui aurait put être très bon mais qui se contente, malheureusement, d’être moyen. La faute à une réalisatrice dépassée par l’enjeu de l’adaptation ou à qui il manque une certaine dose de folie – ou de génie – pour nous offrir un résultat supérieur à ce que l’on a eu droit ? La faute à un casting loin d’être à la hauteur dans l’ensemble, en dehors, naturellement, de Karin Viard qui porte à elle toute seule tout le film ? La faute à un découpage contestable qui fait presque l’impasse sur l’évolution psychologique de la nounou et qui accouche d’une fin qui aurait mérité d’être mieux traitée ? Oui, probablement un peu de tout cela à la fois et c’est plutôt dommage car Chanson Douce n’est pas un mauvais film, loin de là et il est évidant que, entre les mains de quelqu’un d’autre, nous aurions put avoir un très bon film – dommage que Maïwenn, qui est tout de même d’un autre niveau, ait finit pas jeter d’éponge… A la place, donc, nous nous retrouvons devant un long métrage certes angoissant, qui nous montre une Karin Viard inquiétante qui, sous ses airs de nounou parfaite – et, ma foi, professionnellement, il est difficile de faire mieux qu’elle – dissimule bien des tares psychologiques qui l’amèneront à commettre l’indicible, mais qui possède bien trop de défauts pour en faire un incontournable. D’ailleurs, sur ce point, juste un exemple, flagrant, le couple interprété par Leïla Bekhti et Antoine Reinartz : si la première fait encore illusion et que l’on peut comprendre son désir de travailler, le second, fade au possible, est l’exemple type du pseudo artiste parisien toujours entre deux projets, grand donneur de leçons devant l’éternel et qui tient davantage du parasite qu’autre chose. Fatalement, comment prendre fait et cause pour ce couple aisé qui ère de fêtes en soirées, qui picole, se drogue mais qui se permet de juger leur nounou parce que celle-ci a des problèmes avec le fisc – scène hallucinante par ailleurs ! Certes, cela n’excuse en rien le geste fatal de la nounou, mais bon, dans le genre parents impliqués, disons que l’on a déjà connu mieux… Bref, vous l’avez compris, je n’ai pas vraiment été conquis par Chanson Douce, bien au contraire, cependant, ne serais-ce que pour l’interprétation de Karin Viard, je pense ne pas me tromper en affirmant que le jeu peut en valoir la chandelle, alors, a vous de voir…
 

Points Positifs
 :
- Un film dramatique qui n’est peut-être pas exempt de défauts mais qui peut valoir le coup, ne serais-ce que pour les amateurs du genre qui apprécieront sans nul doute cette inquiétante nounou, bien trop parfaite pour être honnête.
- Karin Viard porte à elle toute seule ce film et il faut reconnaitre que son interprétation hallucinée mérite largement le détour !
- Le lent défilement, petit à petit, de scènes qui nous montrent que quelque chose cloche chez cette nounou parfaite.

Points Négatifs :
- Un long métrage qui possède beaucoup trop de défauts pour en faire un véritable incontournable, ce qui est dommage au vu du postulat de départ de ce film.
- L’impression tenace qu’entre les mains d’un autre réalisateur, Chanson Douce aurait put être une belle réussite…
- Karin Viard ne peut pas sauver les meubles à elle toute seule !
- On a déjà connu Leïla Bekhti plus en forme, c’est un fait, quand à Antoine Reinartz, franchement, nous ne sommes pas loin de la catastrophe tellement son personnage est fade et inintéressant au possible.
- Difficile d’apprécier ce couple de bobos parisiens arrogants qui portent en eux tous les défauts de leur caste pendant que les nounous s’occupent de leurs progénitures…
- Un final raté alors qu’il aurait dut être le climax de ce film.

Ma note : 6/10